La bande-son de nos matins urbains est en train de s’éteindre. Derrière le ballet incessant des voitures et le dynamisme de nos métropoles se cache une crise écologique silencieuse : le déclin massif des oiseaux en ville. Si l’environnement urbain offre des opportunités surprenantes pour certaines espèces, la pression anthropique et l’aménagement du territoire menacent directement l’avifaune.Lors de la première édition du Festival Festiv’Ailes à Gerland, un événement organisé par le conseil de quartier du 7e arrondissement de Lyon dédié à la biodiversité de nos parcs et jardins, plusieurs experts, associatifs et artistes ont tiré la sonnette d’alarme. Quel est le véritable danger qui pèse sur les oiseaux citadins, et comment agir à notre échelle ? Des réponses recueillies lors de ce festival…
On associe souvent la ville aux seuls pigeons, moineaux ou pies. Pourtant, la diversité des espèces y est spectaculaire. Les oiseaux en ville ne deamandent qu’à être regardés et protégés…
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Une richesse ornithologique insoupçonnée en milieu urbain
Dominique Tissier, auteur de l’ouvrage de référence Les Oiseaux du Rhône et de la métropole de Lyon, a recensé pas moins de 345 espèces différentes sur le territoire, dont environ 200 régulières (qu’elles soient hivernantes, nicheuses ou migratrices de passage). De l’échassier comme le héron garde-bœufs à l’éclat bleu du martin-pêcheur le long du Rhône et de la Saône, la faune ailée a su trouver des niches écologiques spécifiques. Les étourneaux, par exemple, profitent du microclimat urbain en hiver, où les températures sont plus clémentes qu’à la campagne. Mais cette cohabitation est fragile.
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Pourquoi les oiseaux disparaissent-ils de nos villes ?
Le constat global est ainsi alarmant : 30 % de nos oiseaux ont disparu ces 30 dernières années. En cause ? La raréfaction des insectes due aux pesticides en milieu agricole (ce qui pousse parfois les passereaux vers les villes, moins traitées chimiquement), mais surtout la perte de leur habitat naturel en zone urbaine.
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L’impact invisible de la rénovation thermique des bâtiments
C’est un paradoxe environnemental majeur mis en avant par Christophe Dadamo, responsable expertise et conservation à la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) Auvergne-Rhône-Alpes. Une grande partie des espèces urbaines niche dans les cavités de nos bâtiments. Or, les travaux modernes d’isolation thermique par l’extérieur ou le ravalement des façades viennent boucher ces trous, emprisonnant parfois les oiseaux des villes à l’intérieur et supprimant définitivement leurs sites de reproduction.
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La gestion trop stricte des arbres et du bois mort
Un autre danger réside aussi dans notre rapport à la nature en ville. Comme l’explique Quentin Brunelle, cofondateur de l’association Des Espèces Parmi’Lyon, dès qu’un arbre vieillit ou présente un champignon dans un parc, le réflexe est souvent de l’abattre. Pourtant, ces arbres à cavités abritent tout un écosystème interconnecté. Les oiseaux y nichent, et des insectes coléoptères très rares y vivent, nettoyant les nids en retour. Ne pas préserver le bois mort sur pied fait perdre jusqu’à 25 % de la biodiversité forestière et arboricole.
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Des solutions concrètes pour ramener la biodiversité à Lyon
Face à ce déclin, la résignation n’est pas de mise. Des actions concrètes et locales permettent de recréer des ponts entre l’humain et la nature sauvage.
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Adapter les travaux du bâtiment et poser des nichoirs
Avant d’entreprendre des travaux de rénovation, la LPO conseille de se rapprocher d’écologues. Effectuer les chantiers en dehors des périodes de nidification sensibles et installer des aménagements de substitution est capital. Des solutions simples existent :
- Des nichoirs spécifiques pour les martinets.
- Des gîtes plats pour les chauves-souris fissuricoles.
- Des amorces de nids ou des bacs à boue au pied des immeubles pour aider les hirondelles à reconstruire leur habitat.
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Renaturer les cours d’eau urbains
L’association Des Espèces Parmi’Lyon mène d’importants chantiers pour transformer les berges bétonnées du Rhône et de la Saône en milieux accueillants pour le végétal et la faune. « En ajoutant du substrat sur les bas-ports ou en immergeant des modules cages végétalisés, on voit réapparaître une végétation spontanée (comme des saules) attirant les insectes, les oiseaux et même le castor » rappelle Quentin Brunelle.
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L’art et l’émotion comme leviers de sensibilisation
Pour protéger, il faut d’abord aimer et observer. C’est la démarche de l’artiste lyonnaise Élodie Gueguen-Teil (qui est aussi la directrice de la Ressourcerie Créative à Gerland). À travers ses aquarelles animalières grand format et ses créations en pâte polymère (bijoux, pin’s, magnets), elle capture le regard des oiseaux.
« D’habitude, c’est nous qui regardons les oiseaux. Dans mes œuvres, ce sont eux qui nous regardent pour nous pousser à nous poser, nous étonner et observer les détails » confie-t-elle. Une approche sensible indispensable pour éveiller les consciences citadines.
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Ensemble, protégeons les oiseaux de nos quartiers
La préservation de l’avifaune urbaine est l’affaire de tous : municipalités, bailleurs, associations et citoyens. Le succès d’événements populaires comme le Festival Festiv’Ailes à Gerland, qui s’est clôturé par des ateliers pratiques de fabrication de nichoirs à la Maison de l’Environnement, prouve l’attachement des Lyonnais à leurs compagnons ailés.
En ouvrant l’œil lors de vos balades sur les berges ou dans les parcs, et en adaptant nos gestes quotidiens, nous pouvons faire de la ville un refuge durable pour la biodiversité.
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