Transition énergétique : « Un Deux Toits Soleil » fête ses 10 ans

Un Deux Toits Soleil

Le Quart d'heure Lyonnais
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Transition énergétique : « Un Deux Toits Soleil » fête ses 10 ans
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À l’occasion de son dixième anniversaire, « Café Climat » sur BFM Lyon, en partenariat avec Lyon Demain, braque les projecteurs sur « Un Deux Toits Soleil ». Cette coopérative citoyenne de la métropole lyonnaise prouve que la production d’énergie solaire n’est plus seulement l’affaire des grands groupes, mais bien celle des habitants. Zoom sur un modèle local en pleine réflexion face aux défis de demain.

Chaque jeudi, « Café Climat » décrypte les solutions locales dédiées à l’écologie. Cette semaine, l’équipe s’est penchée sur la coopérative citoyenne Un Deux Toits Soleil. Laquelle fête déjà ses 10 ans…

Pour comprendre le fonctionnement de cette aventure locale, direction le toit du collège Henri Barbusse à Vaulx-en-Velin, qui abrite l’une des installations photovoltaïques majeures de la structure.

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Quand les citoyens reprennent le contrôle de leur électricité

L’idée de départ d’Un Deux Toits Soleil est simple : plutôt que de déléguer la transition énergétique aux multinationales, ce sont les habitants qui s’emparent du sujet. Et reprennent le pouvoir sur leur propre consommation.

Daniel Tain, président d’Un Deux Toits Soleil, rappelle le sens profond et la philosophie de cette démarche citoyenne :

« C’est lutter contre le dérèglement climatique. L’axe qu’on a choisi nous ici, c’est l’énergie. En théorie, c’est d’abord la sobriété. On s’inscrit à fond dans le scénario NégaWatt : la sobriété d’abord, ça veut dire isoler le logement, consommer moins tout en ayant le même confort, voire mieux, et puis du renouvelable. »

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Café Climat du jeudi 28 mai 2026

Aujourd’hui, le projet a pris une ampleur considérable. La coopérative pèse désormais près de 1,5 mégawatt-crête (soit 1 500 kWc) d’installations photovoltaïques déployées, portée par un capital propre de 500 000 € et un bilan global qui avoisine les 2 millions d’euros. « Les citoyens, ce n’est pas juste 50 € », insiste Daniel Tain. « On arrive à faire quelque chose d’important. »

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Daniel Tain
Daniel Tain

Comment fonctionne le modèle économique d’un projet solaire citoyen ?

Le principe de la coopérative repose sur un mécanisme bien rodé :

  • La location des toits : Un Deux Toits Soleil loue des toits publics ou privés pour une durée de 25 à 30 ans.
  • Le financement : les installations sont financées par l’investissement des citoyens sociétaires, complété par des emprunts bancaires.
  • La rémunération : La coopérative se rémunère ensuite grâce à la revente de l’électricité produite, réinjectant les bénéfices localement et faisant travailler les entreprises du territoire.

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Le défi de la rentabilité et de l’indépendance énergétique

Si le photovoltaïque a une carte maîtresse à jouer dans le mix énergétique de la région Auvergne-Rhône-Alpes, la question du coût et du retour sur investissement reste centrale pour les particuliers comme pour les structures collectives.

Pascal Pelletier, bénévole engagé auprès de la coopérative, souligne les avantages à long terme de ce modèle malgré un contexte réglementaire français frileux :

« Le solaire apporte une indépendance énergétique et une production au plus près des consommateurs. À mon avis, son coût deviendra largement compétitif par rapport à d’autres sources d’énergie qui vont devenir rares, notamment le pétrole. Aujourd’hui, le modèle français s’appuie sur du nucléaire subventionné, ce qui fait que le coût de l’énergie n’est pas très cher, mais je pense que ce modèle sera considérablement modifié. »

Pascal Pelletier regrette par ailleurs que les dispositions gouvernementales actuelles en France freinent l’élan du secteur, contrairement à des voisins européens comme l’Allemagne ou l’Espagne, dotés de dispositifs beaucoup plus incitatifs.

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Pascal Pelletier
Pascal Pelletier

Cap sur l’autoconsommation : l’avenir d’Un Deux Toits Soleil

Le modèle historique de la revente totale de l’électricité vit ses derniers instants en raison de l’évolution des tarifs d’achat. De plus, le photovoltaïque sur bâtiment public – comme un collège – fait face à un défi structurel : la production est maximale en été, au moment précis où l’établissement est fermé et consomme le moins.

Pour rebondir, la coopérative mène depuis un an une profonde réflexion aux côtés de CopaWatt pour migrer vers des modèles basés sur l’autoconsommation individuelle et collective (via des boucles d’installation).

Comme l’explique Pascal Pelletier, l’investissement de départ varie fortement selon l’échelle :

  • Petite installation : à l’instar de l’école Lazare Goujon (90 panneaux), le coût s’élève à environ 40 000 €.
  • Grande installation : pour le site de Vaulx-en-Velin (360 panneaux), l’enveloppe atteint… 163 000 €.

Les conventions d’occupation des toits s’étendent sur 25 ans. Mais le plan d’amortissement financier oscille généralement entre 16 et 18 ans. Les années restantes se transforment ainsi en bénéfices nets. Permettant à la coopérative d’autofinancer de futurs projets solaires dans la région…

Avec plus de 3 500 panneaux photovoltaïques à son actif, Un Deux Toits Soleil entame sa deuxième décennie. Avec la ferme intention de continuer à faire rayonner l’énergie citoyenne dans la métropole lyonnaise.

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