« Un sur un million » : Rachid Azizi, l’homme sous l’uniforme de police

Un sur un million Rachid Azizi

Rachid Azizi

Le Quart d'heure Lyonnais
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"Un sur un million" : Rachid Azizi, l'homme sous l'uniforme de police
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Entré dans la police « par la petite porte », l’ex-commandant divisionnaire Rachid Azizi livre dans son ouvrage Un sur un million le récit poignant de 41 ans de carrière au cœur de la Police Nationale. Entretien sur un parcours hors norme. Façonné par le respect des institutions, la lutte contre les discriminations et la volonté de faire évoluer les mentalités.

« Tu n’as qu’une chance sur un million. » C’est avec cette phrase, prononcée autrefois par un père sceptique face aux ambitions de son fils, que débute l’aventure de Rachid Azizi. Quatre décennies plus tard, le jeune homme sans piston ni réseau a gravi tous les échelons, passant de simple gardien de la paix à commandant divisionnaire de police. Dans son témoignage intime et sans filtre, il lève le voile sur ce que la société ne voit pas : les coulisses de l’humanité et le quotidien brut de la rue. Rachid Azizi a effectué 7 ans de sa carrière à Lyon en charge de la communication de la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP 69).

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De gardien de la paix à commandant : vaincre le déterminisme social

Pour Rachid Azizi, embrasser la carrière policière dans les années 1980 ne relève pas du hasard. Mais d’une véritable fascination pour l’autorité publique et la fonction régalienne. « J’ai toujours eu une vision très respectueuse de l’autorité », confie-t-il.

Face à l’expression paternelle devenue le titre de son livre, Un sur un million, il n’a jamais baissé les bras.

« Ce déterminisme social, il a fallu le combattre. Quand on se fixe un cap, on se donne les moyens. Il y avait aussi ce besoin de se prouver à soi-même qu’on pouvait réussir parmi des milliers de candidats. »

Entrer dans la police sans appuis majeurs lui a ainsi insufflé une ligne de conduite qu’il n’a jamais quittée pendant 41 ans : honorer la fonction et la place occupée.

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Immersion dans les coulisses de la société et expérience du « testing »

Loin des clichés véhiculés par les séries télévisées et les faits divers sensationnels, le travail de policier se confronte d’abord à la détresse humaine du quotidien. Être policier, explique Rachid Azizi, c’est agir dans un « angle mort » où l’on découvre ainsi l’intimité et la fragilité des individus.

Au cours de sa carrière, l’ancien commandant a également mené des expériences inédites pour interroger les pratiques de ses pairs. Très tôt, il organise une forme de testing interne lors des contrôles d’identité.

Il choisit sciemment de contrôler des personnes âgées de 80 ans ou issues de profils éloignés des cibles habituelles. Objectif : susciter un « électrochoc ». Et engager la discussion avec ses collègues sur les réflexes de profilage racial.

Ecoutez le podcast :

Rachid Azizi : « un sur un million »
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Déontologie, HALDE et soutien psychologique aux policiers

L’évolution de la Police Nationale s’est accélérée dans les années 1980. Avec l’instauration du code de déontologie. Rachid Azizi s’est rapidement emparé de cette charte éthique pour en faire le pilier de son engagement.

Son parcours l’a notamment amené à travailler en détachement au sein de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, aujourd’hui intégrée au Défenseur des droits). Il y a coélaboré un guide pratique de lutte contre les discriminations à destination de la police. Un guide visant à mieux recueillir et qualifier les plaintes des citoyens…

En fin de carrière, sensibilisé par les drames humains et le syndrome du burn-out chez les forces de l’ordre, il prend la tête du Groupe d’assistance aux policiers victimes (GAPV) au ministère de l’Intérieur.

Accompagnement du stress et des traumatismes. Pour offrir une écoute et une assistance concrète aux agents confrontés à la violence extrême ou au risque de suicide.

Gestion des conséquences du terrorisme..Ssecrétaire général de la mission de préfiguration du Musée-Mémorial du terrorisme, il a été au contact direct des victimes et familles endeuillées par les attentats de 2015.

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« Il n’y a pas de héros dans la police » : un message de Rachid Azizi à la jeune génération

À la question de savoir ce qu’il dirait à un jeune qui hésite à s’engager aujourd’hui dans la police ? Rachid Azizi répond ainsi avec la même authenticité.

« Tente ta chance quand même, ça vaut la peine ! C’est une aventure humaine formidable. Mais attention : il n’y a pas de héros dans la police. Il faut le faire par conviction, avec le désir d’aider son prochain et de bien faire son travail. »

Rachid Azizi est aussi l’auteur du podcast Faire Nation. Pour lui, la police reste un métier d’avenir et une formidable « agence de voyage » au cœur de la nature humaine. A condition de garder l’empathie et le sens du service public comme boussole.

« Un pour un million ». Autuer Rachid Azizi. Editions L’Harmattan

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Le podcast Faire Nation

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