Fermée au public pendant un an et demi pour une métamorphose complète, l’École de Botanique du Jardin Botanique de Lyon, située au cœur du Parc de la Tête d’Or, rouvre ses portes. Grâce à une scénographie entièrement repensée, contemporaine et accessible, ce lieu d’apprentissage historique se réinvente. Il propose désormais un parcours immersif axé sur l’ethnobotanique — la relation entre l’Humain et les plantes — tout en reconnectant les citoyens aux enjeux de la biodiversité.
Créée à l’origine en 1857 par les frères Bühler, l’École de Botanique de Lyon présentait autrefois les végétaux de manière académique et linéaire, de la plante la plus simple à la plus évoluée. Mais la science progresse et les attentes des visiteurs évoluent. Une refonte totale a été menée pour redonner vie à ce secteur de plein air et lui conférer une approche moderne, ancrée dans les réalités du XXIe siècle.
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Une restructuration scientifique et paysagère majeure
Le principal motif de cette transformation réside dans la mise à jour des connaissances. La classification ancienne, devenue obsolète au fil du temps, ne reflétait plus la réalité phylogénétique et scientifique des espèces. De plus, la structure historique en plates-bandes concentriques rigides n’incitait pas à la déambulation spontanée.
C’est ce qu’explique avec précision Juliette Babin, responsable du Jardin Botanique de Lyon.
« Pourquoi tout a été refait ici ? Tout a été refait parce que déjà la classification, la façon dont on avait d’organiser les plantes, était totalement obsolète, donc n’avait plus de réalité scientifique. Et parce que l’aménagement paysager n’invitait pas à la balade. L’idée du Jardin Botanique, c’est de répondre à tous les publics : ceux qui veulent se balader et juste avoir un jardin d’agrément, à ceux qui veulent venir apprendre des choses qui ont un fondement scientifique. »
Le tracé historique d’origine a été soigneusement préservé. Mais l’expérience paysagère et le contenu intellectuel ont été entièrement renouvelés. Pour offrir une déambulation fluide et agréable…
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L’Ethnobotanique au centre de l’expérience : 4 grands thèmes lyonnais
La grande nouveauté de cette réouverture réside dans l’intégration de l’ethnobotanique (l’étude des relations entre les hommes et les plantes). Le jardin met en scène la flore à travers quatre prismes thématiques majeurs qui ont profondément marqué l’histoire, l’économie et le rayonnement de la ville de Lyon : l’agronomie, la gastronomie, le textile & la soierie, et enfin la médecine & les sciences vétérinaires.
Agnès, jardinière botaniste au Parc de la Tête d’Or, détaille comment ces thématiques prennent concrètement vie sur le terrain.
« Ici on présente des plantes qui sont liées à quatre grands thèmes importants pour l’histoire de Lyon : l’agronomie, les textiles et soierie, la gastronomie, et la médecine et sciences vétérinaires. On retrace ces thèmes à travers les plantes organisées par sous-thème. Si je prends le secteur textile et soierie, on parle de l’évolution des motifs au cours des siècles, l’évolution des goûts, mais aussi l’évolution des découvertes botaniques qui se reflètent dans les tissus. On parle aussi des plantes tinctoriales organisées par couleur… et enfin les fibres, la matière première, où on présente le lin, le coton… ou le mûrier pour les vers à soie. »

Cette approche permet de raconter l‘histoire locale de manière particulièrement vivante. Les visiteurs peuvent ainsi découvrir au fil des parcelles des variétés potagères emblématiques développées par les obtenteurs de la région, comme la fameuse tomate Monstrueuse de Lyon, le cardon de Vaulx-en-Velin ou encore le poireau de Solaize.
Au-delà des cultures traditionnelles, le jardin met en lumière l’histoire de l’expérimentation agricole, rappelant par exemple les travaux de l’illustre agronome Olivier de Serres au domaine du Pradel, qui cherchait à acclimater et commercialiser d’autres plantes à fibres (comme l’ortie, le lin de Nouvelle-Zélande ou le boehmeria).
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Un jardin à plusieurs grilles de lecture, ouvert à tous
L’École de Botanique de Lyon ne s’adresse pas uniquement aux chercheurs. Le site a été conçu pour offrir plusieurs niveaux de compréhension, s’adaptant à une grande diversité de profils : des habitués du quartier qui y trouvent une source quotidienne de bien-être, aux groupes scolaires, en passant par les étudiants.
Comme le souligne Juliette Babin, la vocation première du lieu reste l’apprentissage par le contact direct avec le vivant. Une expérience immersive que les manuels ne remplaceront jamais…
« C’est un lieu qui se veut pour tout le monde, à la fois des plus jeunes apprenants qui vont juste découvrir ce qu’est une fleur, aux apprenants universitaires qui vont pouvoir venir apprendre comment l’évolution a fait apparaître les plantes à fleurs, comment les plantes sont organisées, dans quelles familles elles se répartissent… L’idée c’était d’avoir un endroit où on vient apprendre la botanique à ciel ouvert, parce que la botanique ne s’apprend jamais mieux que quand on touche, quand on voit, quand on expérimente. Entre les livres et la réalité, il y a toujours une petite différence d’expérience. On voulait un phénomène d’apprentissage immersif pour les universitaires. »
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Sensibiliser aux enjeux contemporains de la biodiversité
Aujourd’hui, à travers cette scénographie modernisée, l’institution réaffirme ses trois grandes missions fondamentales. La recherche scientifique, la pédagogie, et aussi la conservation…
Le Jardin Botanique de Lyon joue un rôle crucial à l’échelle internationale. Sur les 15 000 espèces végétales qu’il abrite (réparties entre les célèbres serres et les espaces de plein air), plus de 1 400 sont des espèces menacées d’extinction. Face aux crises écologiques actuelles, l’École de Botanique s’impose comme un outil citoyen indispensable. Pour sensibiliser le grand public aux menaces qui pèsent sur la diversité biologique et aux impacts concrets du changement climatique.
Que vous soyez un professionnel de la terre, un étudiant en biologie ou un simple promeneur désireux de humer des plantes aromatiques et de comprendre l’origine de ce qui compose votre assiette ou vos vêtements, les allées réinventées de l’École de Botanique de Lyon vous attendent pour une expérience sensorielle et culturelle unique au cœur de Lyon.
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💡 Repères : Le Jardin Botanique de Lyon en chiffres
- 1857 : Année de création de l’école par les frères Bullier au sein du parc.
- Environ 15 000 : Le nombre total d’espèces végétales abritées sur l’ensemble du site.
- 1 400 : Le nombre d’espèces menacées et protégées au cœur des collections de l’institution.
- 4 thématiques phares de la refonte : Gastronomie, Agronomie, Textile & Soierie, Médecine & Sciences vétérinaires.
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