Comment lutter contre la désinformation à l’heure où l’intelligence artificielle démultiplie la création de faux contenus ? C’était la thématique des Assises lyonnaises de l’Éducation aux Médias et à l’Information, organisées cette année au Musée Gadagne, par le Club de la Presse de Lyon…
Des images truquées par intelligence artificielle aux campagnes de désinformation orchestrées depuis l’étranger… La frontière entre fait et manipulation n’a jamais été aussi ténue. Face à la vitesse de propagation des fakes news, une question fondamentale se pose aujourd’hui. Infox, IA et ingérences le journalisme peut-il encore lutter ?
C’était le cœur des débats des Assises de l’Éducation aux Médias et à l’Information, qui se sont tenues au Musée Gadagne à Lyon.
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« IA et fakes : le journalisme peut-il lutter ? »
Lors de la table ronde intitulée « IA et Fakes : le journalisme peut-il lutter ?« , spécialistes et chercheurs se sont penchés sur ces nouvelles menaces. Face à l’émergence des intelligences artificielles génératives et aux ingérences étrangères, les tactiques de manipulation se complexifient.
Vincent Berthier est responsable du desk Technologie et Journalisme chez Reporters Sans Frontières. Il revient sur le rôle de son organisation et sur la diversité des menaces actuelles.

« Aujourd’hui, on a plusieurs types de désinformation. On va avoir les informations de l’ingérence étrangère, qui commence à être la plus connue. Donc on a évidemment les grands acteurs que sont la Russie, l’Iran, la Chine, mais aussi les États-Unis, qui commencent à devenir des acteurs extrêmement importants. On a également des modes de désinformation qui vont plus être, par exemple, du côté de ce qu’on appelle les « théories du complot« . Donc tout ce qui va être lié avec le Covid, etc. Et on a aussi une forme de désinformation dont j’aime bien rappeler l’existence, qui est une espèce de désinformation économique : de faux sites d’information, locaux parfois, qui en fait produisent des fausses informations qui n’ont aucun sens, juste pour en fait attirer du trafic publicitaire ».
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Face à ce constat, la recherche scientifique et la société civile s’organisent pour armer les citoyens. Arnaud Mercier est professeur en information-communication à l‘Institut Français de Presse. Il est aussi responsable scientifique du projet européen de lutte contre la désinformation, DEFACTO. Il détaille les leviers d’action et analyse l’impact réel de ces fausses informations
DEFACTO : projet européen de lutte contre la désinformation
« Dans le consortium DEFACTO, on fait en sorte d’avoir ensemble des chercheurs, des journalistes et de la société civile. Notamment des gens de l’ÉMI (Éducation aux Médias et à l’Information) avec le CLEMI. Donc on fait converger toutes nos formations, nos compétences. Pour essayer d’apporter notre petite pierre à l’édifice de la lutte contre la désinformation » explique Arnaud Mercier.

« La désinformation vient heurter de plein fouet l’idéal démocratique.Puisqu’elle vient semer la confusion chez les citoyens sur ce qui est vrai ou pas, sur quoi on va pouvoir faire porter notre jugement pour voter. Donc c’est mauvais en soi ».
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Semio-check : une méthode de détection de la désinformation spécifiquement par l’image
« On a mis en place une méthode de détection de la désinformation spécifiquement par l’image, Semio-Check, en coopération entre des chercheurs spécialisés en sémiotique et des journalistes ».
Des initiatives locales s’organisent également sur les territoires. Ces Assises ont bénéficié du soutien de la Métropole de Lyon. Sarah Peillon, vice-présidente en charge des collèges, de l’excellence éducative et du devoir de mémoire, rappelle l’engagement de la collectivité auprès des plus jeunes.
« Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, les choses vont s’accélérer. Il est indispensable que nous, Métropole de Lyon, on s’empare du sujet, qu’on puisse accompagner nos collégiens et les équipes éducatives dans les établissements pour qu’ils se forment, qu’ils apprennent à apprendre, tout simplement, et pas seulement recevoir une information sans l’interroger »..
Développer l’esprit critique, réguler les plateformes et former dès le plus jeune âge : la riposte face aux dérives de l’IA et de la désinformation s’organise à tous les échelons, de la recherche européenne au terrain local.
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