Extinction Rebellion investit trois chantiers contre le Lyon-Turin

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Le Quart d'heure Lyonnais
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Extinction Rebellion investit trois chantiers contre le Lyon-Turin
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Ce week-end à Lyon, le ton est monté d’un cran chez les militants écologistes. Lors d’une action coordonnée, des activistes d’Extinction Rebellion ont ciblé plusieurs chantiers de la métropole lyonnaise. Objectif : dénoncer le projet ferroviaire de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, qualifié de « grand chantier inutile ». Retour sur cette mobilisation spectaculaire et les arguments des opposants.

Le paysage urbain lyonnais a pris une couleur très politique ce week-end. Plusieurs militants de l’organisation écologiste Extinction Rebellion Lyon se sont introduits simultanément sur trois chantiers de BTP à travers la ville. Pour dénoncer la bétonisation, en particulier liée au projet Lyon-Turin… Une action dans le cadre du Printemps des Luttes

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Une action spectaculaire sur les grues lyonnaises

Leur cible principale ? Les grues de chantier, notamment dans le secteur de Jean Jaurès (quartier des Girondins), utilisées comme supports pour déployer d’immenses banderoles de 30 mètres de long.

Bien que ces chantiers ciblés à Lyon ne soient pas directement connectés au tracé de la future ligne ferroviaire transalpine, le choix des activistes s’est porté sur ces lieux pour leur accessibilité et leur forte visibilité. Il s’agissait également d’inscrire cette mobilisation dans un week-end national de protestation axé « contre le béton et l’artificialisation des terres ».

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Le « deuxième Lyon-Turin » : un projet jugé aberrant par les militants

Au cœur de la contestation se trouve le projet de liaison ferroviaire transalpine entre la France et l’Italie. Pour Antoine, militant d’Extinction Rebellion Lyon, l’argument environnemental brandi par les promoteurs du projet ne tient pas la route face à la réalité d’une infrastructure existante déjà sous-exploitée.

Ecoutez l’interview

Antoine, militant Extinction Rebellion Lyon

Interrogé sur le sujet, il apporte un éclairage crucial sur ce qu’il nomme le « deuxième Lyon-Turin » :

« Le premier Lyon-Turin, c’est une ligne de voie ferrée existante qui fonctionne […] mais qui est sous-utilisée par rapport aux années 90. On a des politiques qui ressortent un projet vieux des années 70-80 pour se dire « tiens, on va en faire un deuxième » en perçant des tunnels pour que ce soit plus à plat, pour aller plus vite. »

Pour le collectif, l’argument du report modal (transférer les camions des routes vers les trains) est tout à fait valable, mais il devrait se faire sur le réseau actuel. Créer une seconde ligne parallèle représente, selon eux, un gouffre financier inutile : plus de 30 milliards d’euros publics dépensés pour un projet qui, selon les estimations les plus optimistes de la société de gestion Telt, n’atteindra pas la rentabilité écologique avant 2080.

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Des impacts écologiques et sociaux majeurs

Au-delà de l’aspect financier, Extinction Rebellion dénonce un véritable désastre environnemental en cours dans les Alpes. Les travaux de percement des tunnels indispensables au projet transalpin provoqueraient des dégâts irréversibles sur l’écosystème local.

« La deuxième ligne vient percer la montagne, déséquilibrer totalement le cycle de l’eau, asécher des sources. Il y a de la pollution sonore, visuelle, la pollution du chantier pour les riverains… Des riverains qui ont été expropriés. On est sur un chantier anti-démocratique et anti-écologique. » — Antoine, militant Extinction Rebellion Lyon

L’activiste soulève également un point de discorde géopolitique et technique. L’un des seuls avantages de ce nouveau tunnel par rapport à l’ancien serait sa capacité à acheminer des charges militaires lourdes, comme des chars. Un argument récemment mis en avant mais fermement rejeté par les mouvements antimilitaristes et écologistes.

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Une lutte franco-italienne qui s’intensifie à Lyon

Si la résistance historique au projet est menée depuis plus de vingt ans par les militants italiens du mouvement No Tav — le chantier ayant débuté côté italien —, la mobilisation s’accélère désormais côté français au fur et à mesure que les travaux avancent. En France, la contestation grandit et se structure autour de comités locaux contre le Lyon-Turin et du soutien de collectifs d’ampleur nationale comme Les Soulèvements de la Terre.

Face à ceux qui estiment que la contestation arrive trop tard, Antoine se montre catégorique. Le chantier est loin d’être terminé. Le tunnel principal est encore en phase de creusement. Et le réseau de tunnels secondaires n’a pas encore commencé. Laissant toute latitude aux opposants pour faire basculer le destin de ce projet…

À Lyon, la vigilance reste maximale. Interrogé sur d’autres projets locaux contestés, comme l’hypothétique mégatunnel routier voulu par Jean-Michel Aulas, le militant prévient. La mobilisation sera immédiate et totale si d’autres aberrations écologiques venaient à refaire surface dans la métropole. Une chose est sûre, Extinction Rebellion Lyon promet de ne pas « lâcher l’affaire ».

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