À l’heure où les grands médias se digitalisent et s’éloignent parfois du terrain, un petit journal papier fait de la résistance au cœur du 7e arrondissement de Lyon. La Gazette de Gerland célèbre son 100e numéro. Porté par la passion de son créateur, Georges Duriez, ce bimestriel gratuit est ainsi devenu le témoin privilégié d’un quartier en pleine mutation socio-économique.
L’histoire de La Gazette de Gerland commence en 2018. Récemment retraité et fort d’une expérience passée dans le journalisme, Georges Duriez s’installe alors à Gerland avec sa compagne Agnès.
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Un projet né du désir de « mieux comprendre » son propre quartier
Face à ce territoire en profonde transformation, une question l’anime : comment s’approprier et décrypter ce nouvel environnement ?
« Quand j’ai été à la retraite, j’avais du temps […] et je me suis dit : je peux peut-être mieux comprendre ce quartier dans lequel on habite maintenant. » explique Georges Duriez.

Ce qui ne devait être au départ qu’un simple agenda mensuel des initiatives locales, distribué au centre social, va rapidement prendre de l’ampleur. Pendant un temps, le rythme s’accélère même tous les quinze jours. Mais c’est un événement mondial qui va profondément redéfinir la ligne éditoriale de la publication : la crise du Covid-19.
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Du journal d’annonces au récit historique
Confiné comme le reste des Lyonnais et privé d’événements culturels ou associatifs à annoncer, le créateur du journal décide de plonger dans les archives. Il dévore ainsi les livres et les revues pour documenter le riche passé industriel de Gerland.
Aujourd’hui, La Gazette de Gerland propose ainsi un subtil mélange entre :
- L’actualité culturelle et associative locale.
- Des enquêtes de proximité.
- Des dossiers historiques approfondis (notamment sur l’évolution des usines et des ateliers du XIXe au XXe siècle : Jules Weitz, Le Bon Lait, Les câbles de Lyon, la CIAPEM…)).
- Des portraits de figures locales et de nouveaux habitants.
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Un travail de titan pour, au final, créer du lien social
Sortir un journal papier de manière totalement indépendante relève du parcours du combattant. Georges Duriez assume presque tous les rôles : il enquête, rédige les articles, prend les photos, gère la mise en page et assure lui-même la distribution physique des exemplaires.
Imprimée aujourd’hui à plus de 1 400 exemplaires, la Gazette touche ainsi un public varié. Son objectif principal ? Donner des racines aux nouveaux arrivants tout en valorisant la mémoire des anciens. Gerland est un quartier « patchwork », qui abrite aujourd’hui près de 38 000 habitants. Entre les cités sociales historiques pensées par Édouard Herriot dans les années 1920 et le développement de la tech ou de la recherche biomédicale (biotechnologies, ENS), la sociologie y est ainsi extrêmement variée.
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La mixité sociale comme ligne de conduite
Pour le fondateur de la Gazette de Gerland, l’important est de faire dialoguer ces deux mondes qui se croisent sans toujours se connaître. Le journal se fait l’écho de cette solidarité populaire qui a toujours caractérisé le quartier.
Georges Duriez utilise une métaphore très parlante pour décrire sa vision du quartier. « Dans la mobylette, il fallait mettre du mélange, et c’est comme ça qu’elle avançait. On mettait de l’huile et de l’essence. Notre société, c’est un petit peu ça : il faut du mélange. »
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Le journalisme de proximité : une formule qui séduit toujours en 2026
À l’heure du 100e numéro, le succès d’estime de La Gazette de Gerland démontre l’intérêt persistant des citoyens pour l’information hyperlocale. Savoir ce qui se passe au pied de son immeuble s’avère souvent plus captivant que les actualités internationales. À 82 ans, Georges Duriez n’a pas l’intention de poser sa plume et continue d’aller à la rencontre de ses voisins pour raconter leurs histoires, leurs combats et leurs réussites.
La Gazette de Gerland prouve que la presse de proximité reste un vecteur essentiel de cohésion sociale. Un outil indispensable pour que les habitants, anciens comme nouveaux, continuent de « bien vivre leur quartier« .
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