La Ville de Lyon a lancé une grande concertation publique sur l’avenir de la rue Grenette, axe majeur de la Presqu’île. Alors que l’aménagement mis en place en juin 2025 privilégie les mobilités douces et les bus, le nouvel exécutif de la Métropole de Lyon envisage une réouverture à la circulation automobile. Entre transition écologique et réalités économiques, le débat électrise les Lyonnais. Lesquels s’expriment massivement via la consultation…
Depuis juin 2025, la rue Grenette s’est imposée comme le symbole de la transition urbaine au cœur du projet « Presqu’île à vivre ».
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Un axe métamorphosé au profit des mobilités durables
Conçue pour répondre à l’urgence climatique et s’adapter aux évolutions des modes de vie, la voie a été fermée au trafic automobile de transit. Auparavant emprunté par 9 000 à 10 000 véhicules individuels par jour, cet itinéraire est désormais réservé aux bus, taxis, vélos, piétons et véhicules de secours.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 90 000 usagers quotidiens traversent aujourd’hui la rue Grenette en bus. Un aménagement qui s’appuie sur une réalité statistique locale. Les dernières enquêtes de mobilité révèlent qu’environ 90 % des déplacements dans la Presqu’île s’effectuent à pied. Et 80 % des trajets pour s’y rendre se font en transports en commun ou en marche active.
Ce modèle se trouve pourtant aujourd’hui à la croisée des chemins.
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Le retour de l’automobile : le projet de la Métropole qui sème la discorde
L’avenir de la Presqu’île prend une nouvelle tournure à la suite des récentes évolutions politiques à la Métropole de Lyon. Le nouvel exécutif métropolitain fraîchement élu a fait part de sa volonté d’étudier une réouverture de la rue Grenette à la circulation automobile. Pour la Métropole, cet axe dépasse la simple problématique lyonnaise. Et constitue un maillon routier essentiel pour l’équilibre global des déplacements de l’ensemble de l’agglomération.
Une marche arrière que la Ville de Lyon observe avec une vive inquiétude. Une telle modification pourrait impacter en cascade l’ensemble du plan de circulation. Perturber la régularité des transports en commun et fragiliser la piétonisation déjà engagée dans plusieurs secteurs adjacents du centre-ville.
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« Prêt à faire évoluer les choses » : la municipalité mise sur la démocratie participative
Face à cette divergence majeure, la Ville de Lyon a choisi de donner la parole aux usagers. A travers une concertation publique d’un mois, ouverte jusqu’au 30 mai 2026. L’objectif est clair : recueillir les retours d’expérience et mesurer précisément le niveau d’adhésion au maintien de la rue sans voiture.
Interrogé à ce sujet dans Lyon Capitale, Laurent Bosetti, adjoint au maire de Lyon, s’est dit « prêt à faire évoluer les choses ». En rappelant que la municipalité est capable d’entendre la contradiction…
Il exprime néanmoins des réserves techniques quant aux scénarios de réouverture, redoutant un retour aux nuisances du passé. Le débat est d’autant plus vif que la participation citoyenne bat tous les records. Après seulement quatre jours de consultation, la municipalité enregistrait déjà près de 10 000 répondants, un chiffre montrant à quel point le sujet passionne et divise les Lyonnais. Dix jours après le lancement, la plateforme comptabilisait près de 14 000 avis.
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Comment donner votre avis sur la rue Grenette ?
Le questionnaire invite les habitants, commerçants et aussi usagers de passage à évaluer l’impact des aménagements actuels. Et à se prononcer pour ou contre le retour des voitures. Les résultats de cette enquête viendront peser dans les futures négociations entre la Ville et la Métropole de Lyon.
Pour faire entendre votre voix et suivre l’évolution des contributions, vous pouvez consulter les chiffres et répondre directement sur le site officiel via la Plateforme de participation citoyenne Oyé ! de la Ville de Lyon.
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