Antoine Comte décortique le « pari perdu » de Jean-Michel Aulas

Antoine Comte

Diffusé sur France TV (Ici Rhône-Alpes), le documentaire d’Antoine Comte et Charlotte Notteghem, « Jean-Michel Aulas, le combat de trop ? », plonge dans les coulisses de la campagne municipale de 2026 de l’emblématique président de l’Olympique Lyonnais. Entre ambitions déçues et erreurs stratégiques, le réalisateur livre un témoignage inédit sur cette incursion politique qui s’est soldée par un échec.

En 2020, Jean-Michel Aulas ne cherchait plus seulement à gagner des trophées sportifs. Il voulait, selon les mots d’Antoine Comte, « laisser une trace à Lyon » qui ne soit pas uniquement liée au football. Dès 2019, lors d’une rencontre avec le journaliste, le patron de l’OL confiait déjà en creux ses ambitions : « On a l’impression avec tout ce que vous faites à Décines […] que vous êtes un peu le maire de cette ville. Il m’avait répondu oui, c’est le cas ».

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« Jean-Michel Aulas : le combat de trop ? » Antoine Comte

Ce sentiment de puissance, nourri par la réussite de son stade et de son pôle de loisirs, l’a poussé à se lancer dans l’arène pour succéder à l’héritage de Gérard Collomb, avec un mot d’ordre clair : ne pas laisser la ville aux écologistes.

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Six mois dans l’ombre du « Président »

Pour capter cette transition, Antoine Comte a suivi le candidat pendant près de six mois. Un défi de taille, tant l’entourage d’Aulas s’est montré réticent au départ. « Ça n’a pas été facile de les convaincre », explique le réalisateur. Finalement, un « deal moral et oral » est conclu : une immersion quotidienne, des meetings aux moments les plus intimes, comme dans sa voiture ou sa loge avant de monter à la tribune.

Le documentaire montre un homme qui, bien que maître dans son stade, peine à apprivoiser les codes de la politique. Antoine Comte souligne que l’équipe de communication (Agence 2017) a peut-être trop cherché à le protéger : « Le problème de cette agence de communication […] c’est plutôt de l’avoir finalement trop materné, de l’avoir trop censuré et de ne pas l’avoir laissé être lui-même ».

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Les raisons du rendez-vous manqué de Jean-Michel Aulas

Pourquoi celui que les sondages donnaient gagnant avec 20 points d’avance a-t-il chuté ? Antoine Comte identifie plusieurs points de bascule.

L’absence de débats… Après un premier débat jugé raté, ses conseillers l’ont poussé à ne plus y retourner. « Ça a montré un candidat qui ne veut pas aller au combat et qui se défile vis-à-vis notamment des Lyonnais », analyse le journaliste.

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L’excès de confiance. L’équipe a trop misé sur la notoriété d’Aulas. Or, le réalisateur rappelle que « la notoriété ne suffit pas » et qu’il faut transformer cette popularité en votes réels, ce qui a manqué face à un Grégory Doucet très présent sur le terrain.

« On a senti, notamment pendant le débat, que Grégory Doucet avait une vraie maîtrise des dossiers lyonnais, des dossiers municipaux, et on a senti un candidat qui, en fait, n’avait rien à perdre, tellement il était donné perdant ».

Enfin, la méconnaissance des dossiers… Le documentaire pointe des approximations techniques, comme sur le projet de « méga-tunnel », illustrant une forme de « non-maîtrise des dossiers » municipaux.

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campagne municipale Lyon

Un titre évocateur pour une fin de cycle

Initialement doté d’un titre différent, le film a été renommé après la défaite : « Jean-Michel Aulas, le combat de trop ? ». Pour Antoine Comte, ce titre pose la question de cette « dernière page » qu’Aulas souhaitait écrire dans sa carrière. Malgré la défaite dans la ville de Lyon, le clan Aulas a tenté de nuancer l’échec en mettant en avant la victoire à la Métropole. Une lecture que le réalisateur tempère. Y voyant une forme de déni face à ce qui reste, selon lui, un pari perdu.

Ce documentaire reste le portrait d’un homme qui n’avait jamais vraiment perdu et qui, face à la politique, a découvert que le terrain électoral ne suivait pas les mêmes règles que celui de la pelouse.

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5 thoughts on “Antoine Comte décortique le « pari perdu » de Jean-Michel Aulas

  1. C’est pourtant une victoire écrasante de Aulas là où se trouve le pouvoir : la Métropole.

    On voit déjà les premiers effets avec l’arrêt du projet rive droite du Rhône.

  2. La marié est trop belle pour lui.
    Il ne faut pas confondre tourisme et immigration. Si on veut séduire les Lyonnais il faudrait les courtiser et non s’entourer des courtisans. La politique est un art et tout le monde ne devient pas artiste du jour au lendemain. Merci de votre visite,Mr Aulas.

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