Trente-cinq ans après sa disparition, Miles Davis reste une figure incontournable de l’histoire de la musique. Pour honorer ce génie, le réalisateur Patrick Savey lui consacre « Miles », un documentaire captivant qui explore la trajectoire, les secrets de composition et aussi l’héritage de cette légende absolue du jazz.
Ancien animateur emblématique de l’émission Chaud devant sur TLM dans les années 90, Patrick Savey dirige aujourd’hui la société de production Zycopolis. Spécialisée dans la réalisation de documentaires et la captation de spectacles vivants, l’entreprise s’impose comme une référence pour les amateurs de musique. « Miles » nous replonge dans l’histoire du jazz…
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Patrick Savey : la passion du jazz à l’écran
Avec Miles, Patrick Savey signe son tout dernier documentaire. Ce film fait écho à deux de ses précédentes réalisations, Marcus (consacré à Marcus Miller en 2015) et Herbie (sur Herbie Hancock). Le tout formant ainsi une trilogie dédiée aux figures majeures du jazz.
Le réalisateur, pourtant issu d’une culture plutôt rock à ses débuts et grand admirateur de Frank Zappa, est devenu un fan inconditionnel de Miles Davis à l’âge de 18 ou 19 ans « en découvrant ses albums de fin de carrière », avant de remonter le courant jusqu’à la source, « comme les saumons » ironise le producteur.
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Plus qu’un documentaire, une immersion dans le processus créatif de Miles Davis
Si de nombreux ouvrages, films et bandes dessinées retracent la vie de Miles Davis, le documentaire de Patrick Savey se distingue en donnant la parole à une trentaine de musiciens qui ont partagé sa vie et la scène. L’objectif ? Comprendre de l’intérieur comment Miles composait, quel était aussi son rapport avec ses collaborateurs et comment sa musique a évolué.
Le film met en lumière les grandes mutations de sa carrière (qui s’étale de 1940-1945 jusqu’à 1991), du bebop aux expérimentations électriques :
- L’ère de Kind of Blue : un album mythique enregistré en « une seule prise » (one shot), où les musiciens découvraient les morceaux le jour même en studio. Cet album demeure le disque de jazz le plus vendu au monde.
- Le virage de Bitches Brew : un processus radicalement différent, nécessitant six mois de travail et d’assemblage.
- La période Tutu : composé par Marcus Miller, cet album intègre pleinement les machines et synthétiseurs. Prouvant que Miles Davis, alors âgé de 61 ans, a toujours su vivre avec son temps.
Le film explore également des facettes intimes et marquantes de l’artiste. « Sa relation passionnée avec la France et Juliette Gréco ». Ses combats contre la drogue qui l’ont ainsi tenu éloigné de la scène pendant cinq ans. Ainsi que « sa fascination pour le boxeur Jack Johnson » (le premier Noir champion du monde des poids lourds).
Miles, lui-même boxeur amateur et amateur de voitures de luxe, s’est fortement identifié à cette figure flamboyante. Dont il a d’ailleurs composé la bande originale du documentaire éponyme (A Tribute to Jack Johnson).
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De Vienne à l’écran : un hommage vibrant
La relation entre Patrick Savey et Miles Davis a un ancrage local très fort. En 1991, le réalisateur et ses équipes étaient derrière les caméras pour filmer l’un des derniers concerts de Miles Davis. Au Théâtre Antique, dans le cadre du festival Jazz à Vienne….
Pour accompagner la sortie du documentaire, une grande exposition se tient à l’Église Saint-Pierre de Vienne. Elle retrace un siècle d’influences à travers :
- Près de 400 pochettes de vinyles de Miles Davis issues de collections privées. Dont celle de Jean-Paul Boutellier, l’ancien directeur du festival…
- Une bande dessinée signée Jacques Ferrandez.
- Des photos exclusives et aussi des images d’archives de l’INA.



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« Vienne mérite son musée du jazz » Patrick Savey
Patrick Savey, qui collabore avec Jazz à Vienne depuis 1989 et possède près de 300 concerts filmés et numérisés (Stan Getz, Dizzy Gillespie…), appelle de ses vœux la création d’un musée du jazz à Vienne. « Pour préserver cette mémoire collective inestimable… »

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Où voir le documentaire « Miles » ?
Produit par Zycopolis, le film « Miles » réunit des témoignages prestigieux (Marcus Miller, Herbie Hancock, Wayne Shorter, Mike Stern…) et de précieux extraits de concerts.
Après avoir été mis à l’honneur lors de sa diffusion au Manège à Vienne, le documentaire « Miles » sera officiellement diffusé à la rentrée sur France 4. Une occasion idéale pour ainsi redécouvrir le son unique et l’art du silence de celui qui n’est jamais vraiment mort dans le cœur des mélomanes.
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