Fermée pendant plus de dix ans, la bâtisse emblématique du parc de la Tête d’Or s’est métamorphosée en référence nationale du bâtiment passif. Dans le magazine Café Climat sur BFM Lyon, Sébastien Lapendry, directeur général de Youse, détaille les rouages écologiques d’un chantier pionnier où économie circulaire et ingénierie environnementale redéfinissent l’art de bâtir.
Longtemps perçu comme une passoire thermique menacée de démolition, le Chalet du Parc prouve qu’un patrimoine historique peut atteindre l’excellence écologique sans faire table rase du passé. Dans l’émission Café Climat, sur BFM Lyon et en partenariat avec Lyon Demain, les équipes de Youse ont levé le voile sur les secrets de fabrication de ce « bâtiment ressource ».
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Du marbre d’origine au réemploi : sublimer sans jeter
Plutôt que d’évacuer les déblais à la benne, Youse a fait le choix radical de conserver la structure poteau-poutre et d’intégrer les éléments d’époque dans la scénographie contemporaine.
Invité de Café Climat, Sébastien Lapendry rappelle la portée pédagogique de ce choix :« Dans le Chalet du Parc, on a voulu que le bâtiment ait aussi une dimension pédagogique. On a souhaité faire la démonstration que l’économie circulaire pouvait produire du beau et du patrimoine. Ici par exemple, ont été conservés les sols d’origine du Chalet du Parc. Et les parements marbriers avec ce marbre veiné noir que les Lyonnaises et les Lyonnais ont toujours vu. »
En libérant les volumes intérieurs sans toucher à la trame portante, le chantier évite l’empreinte carbone liée à une reconstruction neuve tout en préservant le cachet architectural des lieux.
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Une prouesse bioclimatique : géocooling et ventilation nocturne au Chalet
Pour répondre aux contraintes du label Enerphit Passivhaus et assurer le confort thermique sans climatisation énergivore, le Chalet du Parc fonctionne selon les principes d’un organisme vivant qui réagit aux cycles du soleil. « C’est un bâtiment qu’on qualifierait de vivant, qui sait s’adapter aux saisons. En été, le jour, il va se protéger des rayonnements du soleil pour avoir le moins d’apports thermiques possible. Et la nuit, il va s’ouvrir avec ses ouvrants qui vont permettre de laisser le bâtiment respirer le soir. Et décharger les calories, tout en restant protégé de l’intrusion. »
Ce rafraîchissement passif s’appuie sur deux piliers techniques. Des brasseurs d’air plafonniers qui homogénéisent le volume et abaissent la température ressentie. Le géocooling. Un circuit géothermique passif puise les calories dans le sous-sol. Pour tempérer l’air grâce à une eau souterraine naturellement stabilisée à 18 °C… Evitant ainsi le recours aux groupes froids classiques.
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Une première en France : 3 m³ d’eaux usées recyclés chaque jour au Chalet du Parc
Le point d’orgue technique dévoilé lors de la visite des coulisses réside dans le statut de « bâtiment ressource ». Sur le toit, une centrale photovoltaïque de 250 modules (112 à 172 kWc) injecte sur le réseau plus d’électricité que le site n’en consomme.
Mais c’est sur la gestion hydrique que le projet innove le plus. En expérimentant un système de boucle fermée encore jamais déployé à cette échelle en France.
« On vient capter les eaux de toiture et surtout (le plus innovant), les eaux de cuisine du bâtiment. Des eaux qu’on stocke, qu’on retraite grâce à un système de filtration. Et qu’on réutilise à l’intérieur pour des usages secondaires : les sanitaires, l’arrosage des espaces verts. Mais aussi le refroidissement de certains circuits de boissons du bar. On est sur le retraitement de 3 m³ d’eau par jour, l’équivalent d’une cinquantaine de douches. »
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Un modèle pour les chantiers patrimoniaux de demain
Le Chalet du Parc valide une méthode de transformation durable qui commence déjà à s’étendre. Ces dispositifs passifs et ces procédés de réemploi servent désormais d’étalon pour d’autres projets régionaux pilotés par Youse, à l’image de la Villa Monoyer à Lyon ou du Fort de Montessuy à Caluire-et-Cuire.
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