« Ça chauffe » : des acteurs du batiment face au défi climatique

Ça chauffe

Première réunion des signataires en juin 2026

Le Quart d'heure Lyonnais
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« Ça chauffe » : des acteurs du batiment face au défi climatique
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Face à l’accélération des vagues de chaleur, 30 acteurs majeurs du bâtiment et de l’aménagement de la métropole lyonnaise, emmenés par H7 et Urban Odyssey, signent une tribune décapante intitulée « Ça chauffe ». Leur objectif : sortir de l’urgence thermique grâce à une approche collective et ancrée dans le réel.

Chaque été, le scénario se répète. Les températures s’envolent et les citoyens redécouvrent que leurs logements et bureaux se transforment en véritables « bouilloires ». Pourtant, le problème n’a rien d’une surprise : il est documenté depuis plus de quinze ans. 30 acteurs majeurs du bâtiment, emmenés par H7 et Urban Odyssey, mettent les pieds dans le plat à travers une tribune « Ça chauffe ».

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Julien Marbouty
Julien Marbouty

Un constat alarmant : la surchauffe systémique des bâtiments

Julien Marbouty, directeur de l’accélérateur H7, prend l’exemple de son batiment situé à la pointe du confluent.

« Notre bâtiment est une ancienne chaudronnerie industrielle de 1857 réhabilitée, mais qui n’est pas adaptée aujourd’hui aux températures caniculaires. On cherche des solutions, comme tout le monde, pour favoriser le confort de nos entrepreneurs. »

Le blocage actuel ne relève pas d’un manque de volonté, mais d’un problème systémique. Jusqu’ici, les politiques publiques et l’expertise technique ont eu tendance à privilégier le confort hivernal et les normes théoriques, au détriment de la résilience estivale et des usages réels.

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Tribune « ça chauffe »

Les trois ruptures qui freinent la transition

Pour comprendre pourquoi le secteur peine à s’adapter, les signataires de la tribune pointent du doigt trois incohérences majeures :

  1. Réglementation nationale vs réalités territoriales : appliquer une norme uniforme à l’échelle nationale ignore les ressources locales. Une solution de refroidissement pertinente à Grenoble (qui bénéficie d’eau froide disponible) ne l’est pas forcément à Lyon.
  2. Priorité absolue au confort hivernal : on continue de construire des bâtiments conformes sur le papier, mais incapables d’absorber un pic de chaleur ou d’évoluer face aux trajectoires climatiques des vingt prochaines années.
  3. L’absence de référentiel commun : faute d’une définition partagée d’un « niveau de confort acceptable » (28 °C ? 30 °C avec brasseur d’air ?), chaque acteur fixe ses propres règles, rendant impossible toute coordination des investissements.

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Climatisation systématique : une « fausse bonne idée » ?

Face à la canicule, le réflexe le plus répandu reste encore la mise en route de la climatisation. Une réponse simpliste qui montre vite ses limites.

« La climatisation reste un système qui va rafraîchir sa pièce, mais réchauffer celle des voisins. Il faut avoir une vision beaucoup plus systémique et mettre en place un mix de solutions. » explique Julien Marbouty, directeur de H7

Plutôt que d’imposer un rafraîchissement actif et énergivore en continu, la tribune préconise de miser sur la prévention (conception bioclimatique) et sur une part d’adaptation humaine.

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Accepter une part d’inconfort et adapter nos habitudes

L’un des messages forts de cette mobilisation concerne l’évolution de nos modes de vie. L’adaptation passe aussi par une flexibilité organisationnelle au quotidien.

« À H7, j’ai fait le choix d’ouvrir le bâtiment dès 6 heures du matin pour que les équipes viennent travailler plus tôt. On peut aussi favoriser le télétravail quand les journées ou les nuits sont trop chaudes. C’est un mix entre comportements humains et innovations technologiques. » détaille Julien Marbouty

D’ici 2050, le nombre de nuits caniculaires pourrait passer de 14 à près de 30 par an. Apprendre à composer avec un inconfort tolérable lors des pics de chaleur apparaît aujourd’hui plus durable et réaliste que la quête d’un confort parfait et permanent.

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 Ça chauffe
Première réunion des signataires en juin 2026

Une démarche collective et un appel à solutions à Lyon pour le climat

Pour dépasser la juxtaposition de réponses isolées, H7 et Urban Odyssey (la division innovation du promoteur Icade) ont réuni 30 acteurs de la filière lyonnaise (bailleurs, promoteurs, architectes, collectivités et usagers).

Cette synergie se traduit concrètement par un appel à solutions, ouvert jusqu’en novembre. L’objectif est d’identifier et d’expérimenter sur le terrain les innovations techniques, organisationnelles et comportementales de demain.

« L’enjeu est de faire en sorte que ces lauréats aient des terrains d’expérimentation dès l’année prochaine, que ce soit à H7 ou au sein des projets des différents partenaires. Ce qui sera fait sur la métropole de Lyon pourra servir à d’autres territoires. » espère Julien Marbouty.

Un événement de restitution est prévu en novembre 2026 à H7 pour présenter les initiatives retenues. Une preuve par l’action que face au défi du climat, la réponse ne se décrète pas : elle s’orchestre ensemble.

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