Des cantines aux réservoirs de bus : au cœur du méthaniseur Méthamoly

Méthamoly

Transformer les bouses de vaches et les restes de nos cantines en carburant pour les bus ou en bulles de soda : c’est la routine à Saint-Denis-sur-Coise. Installée entre Lyon et Saint-Étienne, l’unité collective Méthamoly fête ses huit ans d’activité.

Chaque année, Méthamoly injecte 13 GWh de gaz vert dans les réseaux locaux, dont plus de la moitié sert directement à faire rouler les bus et les transports scolaires du secteur.

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Méthamoly : recycler 20 000 tonnes de matière organique

Le principe est simple : récupérer ce que les fermes et les cantines n’utilisent plus pour en faire de l’énergie. Aloïs Klein, président et cofondateur de Méthamoly, résume cette transformation naturelle.

« Méthamoly, c’est environ 20 000 tonnes de matière organique traitées tous les ans. Ces 20 000 tonnes vont être digérées par des bactéries qui vont produire du biogaz, constitué de méthane et de CO2. On sépare ces molécules : le méthane est injecté dans le réseau pour les véhicules, les chaudières ou la cuisson. Et la matière restante sert d’engrais naturel pour une quarantaine de fermes du coin, à la place des engrais chimiques. »

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Zéro déchet : le CO2 de Méthamoly termine dans les boissons pétillantes

D’habitude, le CO2 issu de la méthanisation est rejeté dans l’air. Ici, rien n’est gâché : il est capté, nettoyé et liquéfié par le collectif agricole CAPCOO. Georges Minard, responsable commercial chez CAPCOO, explique ses débouchés concrets dans nos assiettes.

« Après séparation du méthane, on récupère un CO2 pur à 98 %. On le liquéfie pour le livrer par camion aux industries agroalimentaires. Ce sont les bulles dans la bière ou l’eau gazeuse, mais aussi le froid utilisé pour surgeler les steaks hachés en magasin. »

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Dans les tuyaux : le rôle clé du réseau GRDF

Une fois débarrassé de ses impuretés, le gaz vert rejoint les canalisations de nos villes et villages sans nécessiter de changer les chaudières ou les moteurs de bus. Guilhem Armanet, directeur régional de GRDF Sud-Est, détaille l’objectif du réseau.

« Le gaz est épuré, odorisé par sécurité, puis injecté dans le réseau public pour le chauffage ou les transports. Il se mélange au gaz classique. Notre but : atteindre 20 % de gaz renouvelable en 2030 et 100 % en 2050, tout en réduisant nos consommations globales. »

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Une sécurité financière pour les agriculteurs

Pour les exploitations partenaires, l’intérêt n’est pas seulement écologique : il est aussi économique. À Verrières-en-Forez, l’agriculteur Nicolas Robert a lui aussi intégré une unité sur sa ferme. Il témoigne des bénéfices directs au quotidien.

« Pour nous, cela apporte une vraie autonomie : de l‘engrais gratuit pour nos terres avec le digestat, de l’énergie et surtout un complément de revenu régulier face aux crises agricoles. C’est une diversification à part entière, exactement comme la vente directe de viande ou de fromage. »

En bouclant la boucle entre déchets de cantines, fertilisation locale et carburant vert, Méthamoly prouve qu’un territoire peut produire sa propre énergie en circuit court.

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