Sans-abrisme dans le Rhône : « on a carrément tapé le mur ».

Sans-abrisme dans le Rhône

Maud Bigot

Le Quart d'heure Lyonnais
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Sans-abrisme dans le Rhône : "on a carrément tapé le mur".
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Le sans-abrisme explose actuellement dans le Rhône. Plus de 3 200 personnes vivaient à la rue l’an dernier, marquant une hausse de 75 % en 5 ans. Alors qu’on entre dans la période hivernale, les structures d’urgence de la métropole sont totalement saturées. Selon de récents chiffres communiqués par les associations, 2 179 personnes distinctes, incluant 217 enfants et 53 bébés, ont déjà été rencontrées dans la rue entre le 1er janvier et la mi-octobre 2026.

La situation d’urgence sociale atteint un niveau critique. Maud Bigot, directrice opérationnelle chez Alynéa et au Samu social 69, est catégorique. « On n’est plus au bord de l’implosion, le système a complètement tapé le mur ». En évoquant le nombre de sans-abri à Lyon et dans le Rhône…

Des dispositifs d’hébergement saturés

Les équipes de travailleurs sociaux se disent extrêmement inquiètes à l’arrivée de l’hiver. Le nombre de personnes vivant sur les trottoirs, dans des tentes ou dans des voitures n’a jamais été aussi important.

Les hébergements sont saturés et les logements devenus trop chers. L’inflation vient aggraver la précarité. Parallèlement, la loi Kasbarian fait qu’on expulse de plus en plus vite, créant un terrible goulot d’étranglement. L’INSEE va faire paraître une enquête sur ce phénomène en décembre, la dernière étude nationale datant de 2012.

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L’errance de ces nouveaux publics souligne l’échec de plusieurs autres politiques publiques. La survie des femmes dans l’espace public constitue une urgence absolue. La psychiatre Aurélie Tinland rappelle que 100 % des femmes, après un an à la rue, sont victimes de viol.

Face à ces violences systématiques, Maud Bigot rappelle « la nécessité vitale d’ouvrir des espaces de non-mixité pour les mettre en sécurité ».

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Le sans-abrisme explose

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André Gachet
André Gachet

Sortir du cercle vicieux par une approche globale

André Gachet, administrateur au Samu Social et membre du Haut Comité pour le Logement, alerte sur le fait que l’on est aujourd’hui dans un cercle vicieux.

« Les textes de loi exigent que l’on accueille de manière inconditionnelle les publics vulnérables jusqu’à l’obtention d’une solution durable. Toutefois, la région fait face à une véritable crise du logement abordable qui rend ces sorties d’hébergement d’urgence impossibles » rappelle André Gachet.

Cette impasse est exacerbée par une forte dilution des responsabilités politiques. « La ville, le département, la région et l’État se renvoient continuellement la balle ».

Pour enrayer cette crise sociétale, les associations soulignent le besoin urgent d’une approche globale. Il est devenu indispensable de faire travailler ensemble le domaine de la santé, le secteur social et les acteurs économiques afin de recréer une véritable cohésion

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