Les mobilités sont plus que jamais le sujet qui fâche entre Rhône et Saône. Alors que la nouvelle Métropole de Lyon, désormais présidée par Véronique Sarselli, souhaite opérer un retour en arrière sur plusieurs dossiers emblématiques (réouverture de la rue Grenette, détricotage de la ZTL), la grogne monte au sein des associations. En première ligne : Les Droits du Piéton. Son président, Pierre Rauzada, fustige une politique aveugle, menée sans véritable concertation, qui sacrifie la sécurité et le cadre de vie des Grands Lyonnais sur l’autel du « tout-voiture ».
La mission de l’association Les Droits du Piéton est claire : assurer la sécurité sur les trottoirs et militer pour un cadre de vie urbain apaisé, où les piétons, largement majoritaires en ville, ont toute leur place. Pourtant, la nouvelle direction prise par la Métropole de Lyon semble aller à rebours de l’histoire.
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Une vision rétrograde de la mobilité urbaine
Pierre Rauzada rappelle que la voiture a été « reine en ville dans les villes occidentales durant les années 60 à 2010 »,. Soit près d’un demi-siècle d’hégémonie. L’enjeu des dernières années était de rééquilibrer l’espace public.
« Il fallait, à un moment donné, recadrer sa place. Et la recadrer, c’est rééquilibrer. Si on accepte de recadrer la voiture pour qu’elle soit moins dominante, inévitablement, cela ne peut que profiter aux autres modes de déplacement : les piétons, mais aussi le complément du piéton, qui n’est pas le vélo, mais les transports en commun, » explique le président de l’association.
Pourtant, loin de poursuivre cette dynamique de « ville apaisée », la nouvelle majorité métropolitaine multiplie les signaux contraires.
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Rue Grenette et montée du Chemin Neuf : le symbole de la régression
Soutenue par d’autres collectifs, l’association Les Droits du Piéton pointe du doigt des décisions jugées désastreuses.
La réouverture à la circulation automobile de la rue Grenette est perçue comme un coup de grâce. Pour Pierre Rauzada, les conséquences sont limpides :
« La réouverture de la rue Grenette aux automobilistes, c’est la mort, l’enterrement en première classe de la piétonisation de la rue de la République dans sa partie nord. […] Il va y avoir des embouteillages gigantesques, monstrueux. »
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Même constat pour la montée du Chemin Neuf. Alors que sa piétonisation (ou du moins sa restriction) commençait à porter ses fruits pour les mobilités douces, sa réouverture à la descente sous couvert d’aider les commerçants du Vieux-Lyon fait bondir l’association. Pierre Rauzada dénonce un faux prétexte économique. « Quand les voitures arrivent au début du quai Fulchiron, qu’est-ce qui les empêche de s’arrêter pour faire des achats ? Rien du tout. Certains sont perdants, d’autres gagnants… »
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ZTL de la Presqu’île : « un mensonge politique » ?
La Zone à Trafic Limité (ZTL), censée réduire drastiquement le trafic de transit au cœur de Lyon, est, elle aussi, vidée de sa substance par la nouvelle majorité. Les associations dénoncent un projet raboté, où le dialogue est inexistant.
Pierre Rauzada se montre particulièrement sévère sur la méthode employée :
« Il y a eu un grand mensonge politique de la part des opposants en 2020-2026. Ils ont réussi à faire croire aux gens que tout avait été brutal, que tout était partisan, que les citoyens n’avaient pas été consultés. C’est faux. Il y a eu énormément de concertations. »
À l’inverse, l’actuelle présidente Véronique Sarselli est accusée de prendre des décisions unilatérales. Comme l’abandon pur et simple du grand projet de la Rive Droite. Une mesure décidée sans consulter les conseils de quartier ni les associations. « On a tiré un tiroir, on en a fermé un autre, » résume amèrement Pierre Rauzada.
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La consultation métropolitaine se retourne contre ses initiateurs
Preuve du décalage entre l’exécutif et les citoyens : les résultats de la consultation « ça bloque, on agit » initiée par la Métropole de Lyon elle-même. Pensant donner la parole aux automobilistes mécontents, l’institution a été prise à son propre piège.
« Sur les 4000 participants (un chiffre très faible au passage), deux tiers sont des adeptes des modes doux, cyclistes et piétons. C’est-à-dire qu’ils demandent plus de sécurité et un meilleur cadre de vie. Deux participants sur trois demandent les modes doux ! » insiste Pierre Rauzada.
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Quel avenir pour les piétons à Lyon ?
Malgré un front associatif uni, qui exige que les cyclistes respectent également scrupuleusement le code de la route pour protéger les piétons, le dialogue avec la Métropole de Lyon semble rompu.
L’association Les Droits du Piéton pose désormais un ultimatum moral à la nouvelle majorité. « Aura-t-elle le « courage politique« d’assumer publiquement, via un comité de suivi ou des réunions publiques en mairie d’arrondissement, ses choix en faveur de la voiture face aux habitants qui réclament une ville respirable ? » s’interroge Les Droits du Piéton.
L’aménagement urbain n’est pas « un tiroir qu’on ouvre et qu’on ferme« . En ignorant les demandes de piétonisation et en relançant le trafic automobile en hypercentre, la nouvelle Métropole de Lyon prend le risque de s’isoler face à une population lyonnaise qui a, depuis longtemps, pris le virage des mobilités douces.
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