Face à la précarité croissante et aux défis quotidiens des personnes sans domicile fixe, la Ville de Lyon et son Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) innovent. Un nouveau dispositif de casiers solidaires, baptisé « La Clef Alternative », vient de voir le jour dans le 7e arrondissement pour offrir dignité, autonomie et sécurité aux plus démunis.
C’est au croisement de l’avenue Berthelot et de la rue Raoul-Servant, en plein cœur du quartier Jean-Macé, que six casiers sécurisés ont fait leur apparition. Ce projet concret est directement issu de la première édition du budget participatif de la Ville de Lyon. Dispositif qui permet aux citoyens de proposer et voter pour des aménagements d’intérêt public. Lesquels sont ensuite financés par la Ville de Lyon…C’est ainsi que « La Clef Alternative » a pu voir le jour.
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Une initiative citoyenne née du budget participatif
Fanny Dubot, maire du 7e arrondissement, souligne l’implication locale :« Les Lyonnais savent se mobiliser pour ce genre d’initiatives. C’est un projet issu du budget participatif de la ville. Ce sont les habitants qui ont proposé l’idée et ont massivement voté pour installer, dans l’espace public, des consignes de rue. »

Financé à hauteur de 32 000 euros, ce dispositif de consignes s’adresse à un public particulièrement présent dans ce secteur de la ville, marqué par une grande précarité.
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Sécuriser ses effets personnels pour retrouver de l’autonomie
Pour une personne sans-abri, la gestion des bagages est une source constante d’angoisse. Devoir transporter ses effets personnels, ses couvertures ou ses documents administratifs tout au long de la journée complique les démarches de réinsertion, l’accès aux soins ou la recherche d’un emploi.
Dorian Richard, responsable du pôle lutte contre le sans-abrisme au CCAS de Lyon, rappelle l’ampleur de cette problématique. « C’est une difficulté. Il y a la question des documents qui peuvent être perdus, volés, gardés… C’est un pan d’activité qu’on a identifié, mais qui n’est pas forcément toujours investigué dans toutes les maraudes. »
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Contrairement aux structures intérieures existantes, comme l’association lyonnaise Bagage’Rue, qui propose des services similaires mais soumis à des horaires d’ouverture, ces consignes de rue présentent un avantage majeur. Elles sont accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Les bénéficiaires peuvent ainsi disposer de leurs affaires en toute autonomie… Et à tout moment de la journée ou de la nuit.
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Des consignes comme levier d’accompagnement social global
L’accès à ces casiers ne se résume pas à un simple service de consigne. Il est conçu comme un véritable outil d’accroche pour l’accompagnement social. Les usagers, orientés par les partenaires associatifs et les maraudes du CCAS qui les connaissent déjà, signent un contrat d’occupation de 6 mois (renouvelable jusqu’à 18 mois maximum).
Pendant cette période, un suivi régulier est assuré pour aider chaque bénéficiaire à avancer dans son projet individuel. Fanny Dubot précise cette double vocation :
« En plus des casiers, il y a un dispositif d’accompagnement social derrière. Le CCAS va pouvoir suivre six individus en leur proposant ce service, mais aussi en les dirigeant vers des dispositifs d’accès à l’emploi, à la santé, etc. »

Dorian Richard voit en cet outil un moyen de recréer du lien sur le long terme. « C’est un outil qui va permettre d’entrer en relation différemment. D’essayer de tisser du lien un peu plus dans le temps avec les personnes. » Une phase exploratoire d’un an permettra de dresser le bilan de cette expérimentation.
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Un soutien crucial face aux vagues de chaleur
Le lancement des casiers intervient alors que les équipes de terrain font face à des conditions climatiques toujours plus rudes. Notamment de fortes chaleurs estivales. Les maraudes du CCAS, qui s’efforcent au quotidien de rediriger les personnes vers les circuits de droit commun (suivis sociaux, douches publiques, restaurants municipaux), constatent une tension accrue dans la rue.
« Avec des températures très élevées de 35 à 38 degrés, c’est difficile. On sent que les personnes sont plus tendues. La question de l’accès à l’eau reste une nécessité. Cela vient aggraver les problématiques de santé qui peuvent exister par ailleurs », s’inquiète Dorian Richard.
Selon les données de l’association Alynéa (Samu Social 69), près de 3 300 personnes sans-abri différentes ont été rencontrées lors des maraudes en 2025. Bien que ces six premiers casiers de « La Clef Alternative » ne suffisent pas à répondre à l’ensemble des besoins, ils marquent une étape importante.
Lyon rejoint ainsi le cercle des villes pionnières, telles qu’Annecy, Clermont-Ferrand ou Montreuil, qui ont choisi de faire de l’espace public un lieu de solidarité active.
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