IRIIG Lyon : 7 ans après, le pari gagnant d’une école pionnière de l’innovation

IRIIG Lyon

IRIIG Lyon
Le Quart d'heure Lyonnais
IRIIG Lyon : 7 ans après, le pari gagnant d’une école pionnière de l’innovation
Loading
/

Implantée au cœur du quartier de Gerland, l’école IRIIG Lyon célèbre ses sept années d’activité en publiant les trajectoires de ses diplômés. Avec près d’un tiers d’anciens élèves devenus créateurs d’entreprise et plus d’un quart en poste au sein de directions de l’innovation, l’établissement lyonnais bouscule les standards de l’enseignement supérieur. Entretien et décryptage avec son président-fondateur, Stéphan Galy.

À contre-courant des mastodontes de l’enseignement supérieur axés sur les effectifs de masse, l’établissement lyonnais IRIIG (pour International Research Institute for Innovation and Growth) revendique une méthode singulière depuis son lancement il y a sept ans. En croisant formation diplômante, incubation et conseil stratégique, l’école a formé 275 diplômés et accompagné plus de 200 entreprises ainsi que 129 projets innovants.

Les premiers indicateurs d’insertion confirment la singularité de la formule. 30 % des anciens élèves issus de la formation initiale ont créé leur propre structure. Tandis que 28 % exercent au sein d’une direction innovation ou R&D.

Ecoutez aussi : Coris Innovation : le robot LeakID au chevet des réseaux d’eau

L’hybridation comme ADN d’IRIIG LYON : quand l’école s’installe dans l’incubateur

Pour Stéphan Galy, le nom même de l’établissement résume son ambition originelle : faire référence aux termes de la pépinière et de la jeune pousse, tout en permettant à l’esprit entrepreneurial « d’irriguer » l’ensemble des parties prenantes.

« Notre idée de départ, c’était : comment s’installer dans un incubateur — et nous avons été la première école des pays occidentaux à le faire — pour que nos étudiants, nos professeurs et nos start-up soient irrigués par l’esprit entrepreneurial d’un tel lieu. » explique Stéphan Galy, président-fondateur d’IRIIG.

Installée face à la Halle Tony Garnier, l’école a fait le choix délibéré de promotions à taille humaine. Et d’une spécialisation pointue sur l’innovation sous toutes ses formes…

« Beaucoup de professionnels de l’enseignement supérieur étaient plutôt dans une logique d’ultra-spécialisation et de volume. Nous avons pris le pendant : de petites promotions, à taille humaine, en restant spécialisés sur nos sujets : l’innovation, la tech dans ses usages, l’entrepreneuriat. Le pari, c’était aussi de mixer des populations qui ont des enjeux différents. »

Ecoutez le podcast

IRIIG LYON

Au sein de cet écosystème, des étudiants d’une vingtaine d’années côtoient des cadres quadragénaires en reconversion via des formats Executive MBA, des dirigeants chevronnés et des porteurs de projets hébergés. La gouvernance pédagogique s’appuie sur 70 intervenants, dont plus de 60 % sont des dirigeants en activité, garantissant une confrontation directe avec les réalités économiques.

Ecoutez aussi : FCN / Silkbiotic : quand la soie tisse sa toile grâce à l’innovation

  • startups innovantes
  • IRIIG Lyon
  • école
  • IRIIG Lyon
  • IRIIG Lyon
  • cabine
  • salle de classe
  • IRIIG Lyon
  • IRIIG Lyon
  • cabine téléphone

30 % de créateurs d’entreprise : un taux six fois supérieur aux moyennes nationales

Si la moyenne nationale de création d’entreprise tourne autour de 4,3 % pour les membres de la Conférence des Grandes Écoles (CGE) et plafonne à 6,5 % dans les écoles de management, le score d’IRIIG Lyon (30 %) constitue une anomalie statistique assumée.

« C’est vraiment la satisfaction de l’année. Tous nos étudiants ont accès à nos structures d’incubation de manière gratuite pendant toute leur scolarité et trois mois au-delà. Le fait de rencontrer des entrepreneurs au quotidien, cela leur donne des idées. J’aime bien le slogan du Réseau Entreprendre : « Pour créer des emplois, créons des employeurs ». Nous nous attachons à créer les emplois de demain de cette manière-là aussi. »

Ce passage à l’acte repose notamment sur l’Innoverie, l’incubateur intégré au campus lyonnais. Véritable tiers-lieu accueillant des collectifs comme la French Tech, Lyon Start Up , la structure a déjà accompagné 97 créations d’entreprises et suivi 170 porteurs de projets via 7 programmes d’accompagnement sur mesure.

La cohabitation entre étudiants et jeunes pousses répond à un dosage précis entre convivialité et rigueur. « Le facteur clé de succès, ça a été le café ! On a organisé des lieux d’interfaçage, de brassage. Le café est offert chez nous tous les matins. Nous avons des espaces puzzle, des baby-foot, des salles de sieste… Et après, on a mis des règles du jeu très strictes sur le respect du travail de chacun. Les zones sont marquées au sol. Un étudiant a le droit de rentrer sans badge ni porte. Mais il est formé pour ne pas déranger une start-up qui reçoit un investisseur ou un client. » explique Stéphan.

Ecoutez aussi : I-Factory : le hub de l’innovation étudiante à la Doua

IRIIG Lyon

Maholi, Histoka, Pivert : la diversité des profils comme moteur pour IRIIG Lyon

Loin de se cantonner aux projets purement digitaux, l’incubateur d’IRIIG Lyon valorise la diversité des trajectoires. L’école affiche d’ailleurs 37 % de fondatrices de projets, un taux nettement supérieur à la moyenne nationale hors micro-entreprises (25 %).

Plusieurs réussites marquantes illustrent cette pluralité.

Maholi : fondée par Adèle Bouscasse (diplômée en 2022), l’entreprise commercialise un dispositif médical breveté de cryothérapie périnéale (rafraîchisseurs de périnée). « Elle réinvente des pratiques ancestrales qui s’appelaient les bains dérivatifs. Rika Zaraï les avait reprises dans les années 70 en France » sourit Stéphane Galy. Adèle Bouscasse accompagne aujourd’hui plus de 7 000 femmes et collabore avec 350 professionnels de santé.

Pivert Funéraire : un projet d’éco-conception fondé par un tandem inattendu (une avocate et un comédien-scénariste). Laura Loisel et Ali Lounis Wallace développent ainsi des cercueils écologiques et compostables et sont en phase de levée de fonds.

Histoka : première plateforme européenne consacrée aux reconstitutions historiques et aux sports de combat médiévaux (AMHE), lancée par un historien, Mathias Sanchez, diplômé de l’École Normale Supérieure venu suivre l’Executive MBA d’IRIIG pour structurer son entreprise.

« Quand on s’est créé, on voulait surtout soutenir des gens qui avaient envie de créer. Ce qui compte, c’est le porteur de projet. La diversité est source de richesse. » explique Stéphan Galy.

Ecoutez aussi : Le BOB : entre réinvention urbaine et innovation sociale

  • Innoverie
  • incubateur
  • IRIIG Lyon

Apprendre à apprendre à l’ère des ruptures technologiques

Face à l’avènement de l’Intelligence Artificielle générative, de l’informatique quantique et de la transition écologique, Stéphan Galy défend une vision transversale de l’innovation, calquée sur les six typologies définies par Bpifrance (modèle d’affaires, organisationnelle, de procédé, sociale, technologique et de design).

« L’innovation n’est pas que tech, elle n’est pas que financière ou business model. C’est un état d’esprit. Au XXIᵉ siècle, l’innovation sera ce que le management a été à la fin du XXᵉ siècle : une compétence partagée. L’innovation s’apprend, elle se pratique, elle se déploie. »

Pour outiller les diplômés face à l’imprévisibilité du marché de l’emploi, le cursus intègre le socle nord-américain des « 4C » (Créativité, Esprit critique, Communication, Coopération), théorisé en France par le prospectiviste Jérémy Lamri.

« Ces quatre compétences associées permettent ainsi de développer la plus durable de toutes : la capacité d’apprendre à apprendre. C’est-à-dire réenchanter ses compétences, les renouveler et s’adapter à un monde en permacrise où la clé reste l’agilité. »

Ecoutez aussi : Bel Air Textile : « Être un réacteur à innovation »

Cap sur 2027 : reprise d’entreprise et optimisme raisonné

Alors qu’elle affine son modèle après sept exercices complets, l’école IRIIG Lyon prépare déjà ses futurs relais de croissance. Dès 2027, IRIIG Lyon déploiera un programme d’accélération dédié aux jeunes pousses matures ainsi qu’un incubateur de repreneurs.

« Il y a 400 000 entreprises à reprendre aujourd’hui en France. Il faut organiser la succession et la transmission de ces entreprises. C’est une excellente manière de préserver et aussi de créer de l’emploi sur nos territoires. » explique le fondateur d’IRIIG Lyon.

Interrogé sur le climat économique et social ambiant, le dirigeant lyonnais invite enfin à changer de perspective.

« On peut voir les choses différemment : ainsi, nous n’avons jamais eu autant d’innovations qu’en ce moment. Les précédentes grandes phases de déploiement technologique étaient liées à des guerres mondiales qui ont aussi coûté des dizaines de millions de morts. Aujourd’hui, nous devons voir le verre à moitié plein. Plein de choses vont bien et peuvent aussi aller mieux. Il ne faut pas s’arrêter de bosser. Il faut croire dans le progrès et ne pas tout miser uniquement sur des critères financiers. »

Ecoutez aussi : Voily’s réinvente la descente d’eau pluviale

Un modèle d’avenir à l’épreuve de la durée

En 7 ans d’existence, IRIIG Lyon a su transformer son intuition de départ en une méthode opérationnelle : former en immergeant les apprenants au contact direct de la création de valeur.

Si le défi consiste désormais à prouver la pérennité de ces trajectoires sur le temps long, l’établissement lyonnais s’affirme déjà comme un laboratoire d’agilité dans le paysage de l’enseignement supérieur. Dans une économie en perpétuelle mutation où les compétences techniques se périment vite, la capacité à « apprendre à apprendre » pourrait bien être le meilleur des diplômes.

Ecoutez aussi : « Ça chauffe » : des acteurs du batiment face au défi climatique

IRIIG Lyon

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *