À quelques heures du second tour des élections municipales et métropolitaines, la tension est à son comble entre les deux camps. Entre explications de textes au marché des États-Unis et discours solennels place des Terreaux, Lyon s’apprête à choisir son destin.
L’atmosphère était électrique jeudi soir à la brasserie Leffe, place des Terreaux. Entouré de ses soutiens, Jean-Michel Aulas a tenu une ultime conférence de presse Coeur Lyonnais pour porter la voix de la droite et du centre. L’enjeu, selon l’ancien président de l’OL : empêcher Lyon de « perdre sa boussole ».
Ecoutez le podcast
Jean-Michel Aulas : « Lyon a perdu son humanisme »
Pour le défenseur du camp de la droite, ce second tour marque un point de bascule historique. Jean-Michel Aulas n’a pas mâché ses mots face à l’alliance entre le maire sortant, Grégory Doucet, et La France Insoumise (LFI). Qualifiant cette fusion « technique » de… « cynique ». Celui qui se présente comme le candidat de la société civile, a dénoncé une « imposture » dictée, selon lui, depuis Paris par Jean-Luc Mélenchon.
« Une ville humaniste est une ville qui protège ses habitants, qui les loge dignement et qui permet de vivre librement. Malheureusement, aujourd’hui, ce n’est plus le cas », a-t-il martelé.
Appelant au rassemblement, il a opposé ce qu’il nomme « la voie du déclin » à une vision de Lyon portée sur l’investissement, la sécurité et le rayonnement international.
Ecoutez aussi : Condition animale : PAZ demande des engagements aux candidats
Pédagogie et « cadeau » au Marché des États-Unis
Plus tôt dans la journée, c’est sur le terrain, au marché des États, que le ton est monté. Grégory Doucet y a croisé son rival Ambroise Méjean (candidat Cœur Lyonnais et proche de la majorité présidentielle). Ce dernier a tenté une manœuvre symbolique en offrant au maire un cadre contenant des photos de ses nouveaux alliés de la gauche radicale, avec pour légende : « Les conditions, c’est lui qui les fixe (Mélenchon) ».
Une attaque balayée d’un revers de main par Grégory Doucet. « Parlez de votre programme », a simplement rétorqué le maire sortant, préférant se concentrer sur la défense de son mandat et la présentation de son programme. Son adversaire (Aulas) ayant décidé de ne pas débattre, faisant fi d’un engagement commun pris en novembre dernier… Le choc des mondes ne s’invitera pas sur un plateau télé en 2026
Ecoutez aussi : Municipales : Zéro Déchet Lyon fait 6 propositions concrètes
Grégory Doucet : le bilan face à l’incertitude
Face aux critiques sur son alliance, Grégory Doucet a choisi de jouer la carte du concret. Il a rappelé les réalisations de son mandat, notamment en matière de transports. Trois nouvelles lignes de tramway, une ligne de tram-bus « déjà empruntée par des dizaines de milliers de Lyonnais ». Pour Grégory Doucet :
« On a fait la preuve, durant ce mandat, que la politique, on pouvait l’exercer de la manière la plus nble qu’il soit. Dire ce qu’on va faire. Et faire ce qu’on a dit… C’est la meilleure façon de convaincre les abstentionnistes… On a prévu de continuer sur cette lignée durant les 6 prochaines années »
Le maire sortant candidat à sa propre succession a également mis en avant le Revenu de Solidarité Jeunes, une mesure aidant 4 000 jeunes de la métropole.
« Nous avons réalisé 96 % de nos engagements », a-t-il affirmé, mettant en garde contre un retour de la droite qui, selon lui, s’attaquerait en priorité aux politiques sociales.
Ecoutez aussi : Le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri ouvre sa Friperie à Gratte-Ciel

Grégory Doucet vs Jean-Michel Aulas : le choc des mondes
Le duel est désormais clairement tracé. D’un côté, une coalition de gauche qui prône la continuité d’une transformation écologique et sociale. De l’autre, une opposition qui dénonce une « dérive politique » et appelle à un sursaut des Lyonnais.
Alors que la campagne officielle s’achève ce soir à minuit, les Lyonnais ont désormais les cartes en main. Dimanche, ils ne choisiront pas seulement un maire ou un président de Métropole, mais l’identité même de la capitale des Gaules pour les six ou sept prochaines années.
Ecoutez aussi : Reloved : la boutique du réemploi au Carré de Soie
