Tous les mois, retrouvez sur Lyon Demain, l’édito de Bernard Devert, président fondateur d’Habitat et Humanisme
Chaque mois, Bernard Devert, président-fondateur d’Habitat et Humanisme, nous fait part de sa réflexion sur la société qui nous entoure. Avec son lot d’espoir et d’inquiétude… Son édito, pour ce mois de mars 2026, s’intitule : « La solidarité est, par elle même, un soin »
Le tribunal des activités économiques de Marseille a désigné le repreneur du groupe d’Ehpad, Entraide, placé en redressement judiciaire en novembre dernier. Et c’est le lyonnais Habitat et Humanisme fondé et présidé par Bernard Devert qui reprend ce groupe de 11 EHPAD fondé il y a 80 ans…
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« La solidarité est vraiment en elle-même et par elle-même un soin. Il s’agit pas simplement d’en parler, il faut la vivre. Et il nous a été donné précisément de l’assumer avec aujourd’hui une belle association qui s’appelle Entraide et qui, en raison d’un endettement trop lourd, passe la main à Habitat et Humanisme Soin.
Une main certes guidée par le tribunal économique de Marseille retenant notre association en raison de son offre préservant l’ensemble des 12 maisons, 7 EHPAD et 5 résidences autonomie, mais aussi préservant son histoire, celle qui est née avec le mouvement de la Résistance.
Entraide : un nom qui n’est pas usurpé
Notre détermination au cœur de nos engagements est de poursuivre l’action sociale conduite depuis près de huit décennies par Entraide, dont le nom n’est pas usurpé pour avoir su témoigner une attention à nos aînés confrontés souvent à une double dépendance : physique, psychique et sociale.
Entraide est née dans la mouvance de la Résistance. Habitat et Humanisme ne fait pas mystère de sa volonté de dire non aux situations inacceptables. La main qu’elle tend honore la mémoire de ceux qui ont entrepris une solidarité reconnue, déployée au fil du temps.
Il est juste de souligner que les soignants d’Entraide ont donné la main à des centaines de milliers de Marseillais confrontés au soir de leur vie en leur offrant des trésors de tendresse, d’attention. Puissent-ils ne point se perdre. Nul doute que leur mémoire n’est pas étrangère au fait qu’il nous soit donné de veiller à ce que ces mains expertes en humanité ne soient pas oubliées, tant elles traduisent le langage du cœur.
Nous venons de rencontrer les directeurs des maisons de ce groupement associatif. Quel bonheur d’entendre les raisons de leur fidélité. Ils auraient pu changer, trouver des rémunérations plus fortes. Non. L’Entraide est et demeure pour eux une mission à laquelle ils ont donné beaucoup de leur temps, de leur énergie. Ils se sont donnés.
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Aller vers cette autre rive sans sombrer dans les tempêtes de l’angoisse
Sollicitant leur confiance, qu’ils sachent qu’au creux de leurs mains, nous percevons ce qu’ils ont porté. Ouvrant ces passages permettant à bien des résidents d’aller vers cette autre rive sans sombrer dans les tempêtes de l’angoisse.
Entraide a une longue et belle histoire : le service de l’autre, des autres. Son humanisme enrichit le nôtre. Ensemble, nous savons que nous devons toujours apprendre afin d’entreprendre la création de ces liens. Donnant lieu à des relations plus justes pour que les plus vulnérables ne se sentent pas abandonnés…
Il est temps, grand temps de se rappeler que c’est à l’aune de l’attention à la fragilité que s’évalue l’humanisme d’une société. Les maisons de nos aînés sont à cet égard une école. Notre reprise est-elle une folie ? Non, plutôt une sagesse témoignant d’une solidarité qui, en elle-même et par elle-même, est un soin. Notre société en a singulièrement besoin ».
