Municipales 2026 1er tour : Grégory Doucet en tête à Lyon

Municipales 2026 1er tour

Grégory Doucet

Contre toute attente et au mépris des derniers sondages, le maire écologiste sortant, Grégory Doucet, est arrivé en tête du premier tour ce dimanche soir. Avec 37,36 % des voix, il devance d’une courte tête Jean-Michel Aulas (36,78 %), ouvrant la voie à une triangulaire décisive avec La France Insoumise au second tour.

L’ambiance était électrique hier soir, peu après 21 heures, au quartier général de Grégory Doucet. Alors que les enquêtes d’opinion prédisaient sa chute, voire une victoire dès le premier tour pour son principal adversaire, c’est une véritable explosion de joie qui a accueilli les résultats. Avec 37,36 % des suffrages, l’écologiste réussit une « remontada » spectaculaire, reléguant Jean-Michel Aulas à la seconde place.

Grégory Doucet : « Lyon, capitale de la résistance »

S’exprimant devant une foule en liesse chez In-Sted, Grégory Doucet (Pour Vivre Lyon 2026) a salué une campagne « de terrain et de proximité ». Le maire sortant n’a pas manqué de fustiger ce qu’il appelle « les vents mauvais de la réaction » et le programme de Jean-Michel Aulas, soutenu par Laurent Wauquiez.

« Le résultat de ce soir déjoue tous les pronostics », a-t-il lancé. « Les Lyonnaises et les Lyonnais ont rappelé leur attachement aux valeurs humanistes de notre ville. »

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La douche froide pour Jean-Michel Aulas

Pour l’ancien président de l’Olympique Lyonnais, le réveil est brutal. Crédité par certains sondages de 43 % à 47 % il y a encore un mois, Jean-Michel Aulas termine ce premier tour avec 36,78 %. S’il se veut combatif pour le « match retour » de dimanche prochain, il n’a pas caché son amertume face à ce qu’il qualifie d’« alliance de la honte » à gauche.

« Faire jeu égal avec le sortant est une performance remarquable pour une première opération politique », a-t-il tempéré, tout en alertant sur les risques d’une politique d’extrême gauche pour la métropole.

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Municipales 2026 1er tour : la gauche en position de force, l’extrême droite éliminée

La troisième place est occupée par Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI), qui récolte 10,41 % des voix. Qualifiée pour le second tour, elle appelle déjà Grégory Doucet à une alliance pour constituer un « front antifasciste » et faire barrage à la droite.

De son côté, Sandrine Runel (PS) a également appelé au rassemblement derrière le maire sortant, mettant en avant le bilan de la mandature (96 % du projet de 2020 réalisé) et critiquant les promesses « ubuesques » de Jean-Michel Aulas.

À l’autre bout de l’échiquier politique, c’est l’échec pour Alexandre Dupalais (UDR/RN) pour ces municipales 2026. Avec un peu plus de 7 %, il ne peut se maintenir et a d’ores et déjà annoncé qu’il ne donnerait aucune consigne de vote en faveur du « macronisme » représenté, selon lui, par Jean-Michel Aulas. Les petits candidats, Georges Képénékian et Nathalie Perrin-Gilbert, ferment la marche avec environ 3,5 % chacun.

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Vers une semaine de tractations intenses

Le décor est planté pour le second tour. Si la fusion technique entre les listes de Grégory Doucet et d’Anaïs Belouassa-Cherifi semble l’option la plus probable pour la gauche, Jean-Michel Aulas mise sur une mobilisation des abstentionnistes et une explication plus précise de son programme pour inverser la tendance.

La bataille pour l’Hôtel de Ville de Lyon est loin d’être terminée. Et les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir de la capitale des Gaules.

Si Grégory Doucet a créé la surprise à Lyon lors du 1er tour de ces municipales 2026, le paysage métropolitain dessine une réalité plus contrastée. Entre victoires dès le premier tour pour la droite dans les circonscriptions périphériques. Et une domination écologiste maintenue à Villeurbanne… Le Grand Lyon se prépare à une bataille de blocs pour le second tour.

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La « vague » Grand Cœur Lyonnais en périphérie

La soirée a été marquée par une démonstration de force de la liste d’union de la droite et du centre, « Grand Cœur Lyonnais ». Portée par une dynamique de reconquête des territoires périphériques, la coalition l’emporte dès le premier tour dans quatre circonscriptions clés sur quatorze.

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Jean-Michel Aulas

Véronique Sarselli (LR-Renaissance-Horizons-UDI) a frappé un grand coup dans la circonscription Ouest, s’imposant avec 60,69 % des voix face à Hélène Duvivier (Union de la gauche, 18,71 %). Un score sans appel qui confirme l’ancrage de la droite dans l’Ouest lyonnais. Même scénario sur le Plateau Nord, où Alexandre Vincendet l’emporte avec 54,37 % des suffrages, ainsi que dans le Val de Saône avec la victoire de Sébastien Michel (52,36 %). Gilles Gascon complète ce tableau en conservant la Porte des Alpes dès le premier tour avec 51,49 %.

Bruno Bernard en tête à Villeurbanne, mais sous pression

À Villeurbanne, bastion historique de la gauche, le président sortant de la Métropole, Bruno Bernard, arrive en tête avec 35,13 % des voix. Bien que solide, ce résultat l’oblige à composer avec la montée en puissance de La France Insoumise. Dans cette circonscription, Gabriel Amard (LFI) recueille 17,72 %, se plaçant en position de force pour les négociations d’entre-deux-tours.

Parallèlement, le maire socialiste de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, sort également en tête du premier tour des municipales. Confirmant une certaine résistance du bloc de gauche dans la deuxième ville de la métropole…

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L’incertitude d’une métropole sans majorité

Malgré ces victoires locales, l’issue globale reste incertaine. Le mode de scrutin par circonscriptions laisse entrevoir le spectre d’un « troisième tour » difficile au sein du Conseil métropolitain. Les analystes évoquent déjà la possibilité d’une métropole sans majorité stable. Où chaque siège comptera pour l’élection du futur président…

Dans plusieurs secteurs, comme Lyon Nord, les écarts sont infimes. Sarah Peillon (DVC) mène avec 40,62 %, suivie de près par la socialiste Sandrine Runel à 31,92 %. La présence de listes LFI, comme celle de Florestan Groult (Lyon Centre), place les Insoumis en position d’arbitres indispensables pour Bruno Bernard.

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Bruno Bernard
Bruno Bernard

Le Rassemblement National en embuscade

Le RN réalise des percées notables. Dans la circonscription des Portes du Sud, une quadrangulaire se profile. La liste Grand Cœur Lyonnais de Nathalie Frier (24,46 %) est talonnée par LFI (23,49 %) et le PCF (21,85 %). Tandis que le RN dépasse les 19 %. Ce score illustre une fragmentation de l’électorat qui pourrait compliquer les reports de voix dimanche prochain.

Les états-majors ont quelques heures pour sceller des alliances. Pour Bruno Bernard, l’enjeu sera de transformer l’essai de l’union de la gauche. Pour contrer la « vague » de la droite unifiée qui semble déjà avoir pris racine dans la couronne lyonnaise…

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