Alors que le pays a traversé la saison estivale la plus torride et sèche jamais enregistrée, marquée par trois semaines d’une canicule implacable et de multiples incendies de forêt, le couloir rhodanien n’a pas été épargné. Entre Rhône et Saône, les Lyonnais ont vécu leur deuxième été le plus chaud de l’histoire météorologique locale, juste derrière l’année noire de 2003.
Pour ce début de saison audiovisuelle, Café Climat diffusée sur BFM Lyon, en partenariat avec Lyon Demain, a rencontré le météorologue Romain Weber (fondateur de Lyon Météo). Histoire de faire le bilan de l’eté 2026 à Lyon et de dresser les enseignements d’une saison hors norme. Entre canicule et sécheresse. Et Romain Weber prévient : l’été 2026 est loin d’avoir dit son dernier mot.
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4 canicules, +3,6 °C et un soleil omniprésent : les chiffres clés à Lyon
La station de référence de Lyon-Bron n’a pas officiellement franchi le seuil psychologique des 40 °C. Mais les moyennes saisonnières témoignent d’une surchauffe quasi continue de juin à fin août.
« On a eu un été exceptionnel : le deuxième plus chaud après 2003. Nous avons subi une vague de chaleur quasiment continue tout l’été avec quatre canicules successives. On se situe à +3,6 °C par rapport aux moyennes saisonnières, avec un excédent d’ensoleillement de +20 % et un déficit pluviométrique de l’ordre de 30 %. » résume Romain Weber, fondateur et prévisionniste de Lyon Météo.
Cette combinaison d’un ensoleillement accru de 21 % et d’une rareté persistante des précipitations a durement asséché les sols du bassin lyonnais. Installant un paysage et un ressenti thermique comparables à ceux du plateau central de l’Espagne…
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L’illusion des orages : pourquoi la météo n’a pas apporté d’air frais
Habituellement, les fortes chaleurs estivales finissent par céder le pas à des orages bienfaiteurs. Mais l’activité convective de cet eté 2026 à Lyon a été source de frustration.
Pour le prévisionniste et chasseur d’orages Romain Weber, l’atmosphère est restée trompeuse.
« Nous n’avons pas eu énormément d’orages cette année. (…) Surtout, ils n’étaient pas accompagnés d’un changement de masse d’air. Ces orages très localisés faisaient baisser temporairement le thermomètre. Mais ils faisaient surtout grimper le taux d’humidité, rendant l’atmosphère particulièrement désagréable et étouffante. Dès le lendemain, la barre des 30 °C était de nouveau dépassée. »
Faute de pluies régulières et homogènes, la sécheresse superficielle et profonde des sols s’est accentuée au fil des semaines. Fragilisant les parcs urbains et les cultures périurbaines du Rhône…
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Faut-il craindre une nouvelle canicule en septembre à Lyon ?
L’arrivée du calendrier automnal ne sonne pas la fin des fortes chaleurs. Les modèles de prévision pointent la mise en place d’un puissant blocage anticyclonique sur l’Europe occidentale. Rabattant une dorsale d’air saharien très sec sur la région Auvergne-Rhône-Alpes…
Romain Weber anticipe déjà un coup de chaud inédit pour la rentrée.
« Une nouvelle vague de chaleur se met en place entre ce vendredi et le début de semaine prochaine. Même si les nuits plus longues de septembre permettent un léger rafraîchissement nocturne, nous ne serons vraiment pas loin des seuils officiels de canicule (20 °C la nuit et 34 °C le jour pendant 3 jours). C’est exceptionnel, d’autant que des records mensuels de température pour un mois de septembre pourraient être battus. »
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Vers un nouveau standard climatique pour la métropole lyonnaise
Cet enchaînement d’épisodes extrêmes réactive le débat sur l’habitabilité urbaine face à l’îlot de chaleur métropolitain. La métropole lyonnaise doit-elle s’habituer à voir ses mois de juin, juillet, août et désormais septembre se transformer en une succession d’épreuves physiques ?
Si 2026 servira désormais de référence d’intensité aux côtés de 2003, la question reste entière : s’agit-il d’un pic exceptionnel ou de la nouvelle norme climatique de notre région ? Premières réponses dès l’été 2027.
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