Les 28 et 29 septembre 2026, Eurexpo Lyon accueille le salon Natexpo 2026. Alors que la consommation redémarre et que les conséquences du dérèglement climatique pèsent sur les récoltes, la filière biologique se rassemble pour faire entendre sa voix. Prouver son accessibilité prix et peser dans le débat politique à l’approche de la présidentielle de 2027.
Après une période de turbulences économiques et d’inflation, le grand rassemblement professionnel de la filière biologique ouvre ses portes sous des auspices bien plus favorables. En accueillant l’édition 2026 de Natexpo, la métropole lyonnaise réaffirme son statut de place forte de l’agriculture biologique.
C’est ici, au cœur de la région Auvergne-Rhône-Alpes, que sont implantés les sièges de figures de proue du secteur. Comme La Vie Claire, Ecotone (Bjorg, Bonneterre), Markal ou encore Autour du Riz. Un ancrage territorial doublé d’une volonté politique locale forte. Comme l’a rappelé Sophia Popoff, adjointe au maire de Lyon, les cantines scolaires de la ville intègrent aujourd’hui 65 % de produits issus de l’agriculture biologique.
Mais au-delà du symbole local, le salon Natexpo 2026 à Lyon sonne surtout comme l’heure de la remobilisation générale. Pour un secteur prêt à casser les clichés…
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Une dynamique de reprise portée par l’innovation
Sur le plan économique, le moral des professionnels de la bio est de nouveau au beau fixe. Si la grande distribution renoue avec une croissance modérée (+2 % selon l’Agence BIO), ce sont bien les réseaux de magasins spécialisés qui tirent le secteur vers le haut, enregistrant une progression de +7 % depuis le début de l’année.
Cette dynamique se traduit directement dans les allées d’Eurexpo. Le salon affiche 15 % d’exposants supplémentaires par rapport à l’édition lyonnaise 2024, dont 25 % de nouveaux arrivants.
Pour Valérie Lemant-Peretz, directrice générale de SPAS Organisation (société organisatrice de l’événement), ce salon marque un tournant stratégique.
« Le moral est plutôt bon parce que la bio est repartie dans une dynamique positive en termes de consommation générale et de dynamique des magasins spécialisés. […] Les innovations reviennent sur le marché. Le nombre d’exposants de l’édition lyonnaise est en hausse. Et c’est un moment où les gens sont ravis de se retrouver, parce que Natexpo c’est à la fois du business — vraiment du business — mais c’est aussi beaucoup de convivialité. »
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Cette créativité sera notamment mise à l’honneur lors de la remise des Trophées Natexpo 2026. Le mardi 29 septembre à 12h… Récompensant huit innovations remarquables… Une initiative essentielle selon l’organisatrice.
« Les Trophées, c’est un vrai accélérateur de business : c’est à la fois de la communication, de la promotion, du commercial, de la mise en rayon… Les lauréats vont être accompagnés par les distributeurs du jury pour être référencés ou accompagnés stratégiquement. C’est un vrai coup de pouce. »
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Le bio trop cher ? Une étude exclusive brise le mythe
C’est l’un des temps forts les plus attendus de cette édition. La présentation complète de l’étude menée par le cabinet Retail and Detail pour La Maison de la Bio. Réalisée à partir de relevés de prix effectués à l’été 2026…
Ses conclusions viennent bousculer frontalement les idées reçues sur la cherté des produits bio.
- Sur un panier du quotidien de 10 produits de base (jus de pomme, café moulu, steaks hachés, chocolat noir, lait demi-écrémé, yaourts, beurre, farine, sauce tomate, huile d’olive) : acheté en magasin spécialisé bio, ce panier revient 3 € moins cher que son équivalent de marques nationales conventionnelles en grande distribution.
- Sur le rayon fruits et légumes, pourtant soumis aux aléas météo. Un panier de 5 incontournables (pommes de terre, bananes, oranges, pommes, laitue) affiche seulement 2 € d’écart par semaine par rapport au non-bio (12 € contre 10 €).
Comme le résume la filière, consommer sainement au quotidien représente aujourd’hui un surcoût équivalent au prix d’un café ou d’un ticket de métro par semaine.
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Plaidoyer 2027 : l’exigence d’une souveraineté alimentaire bio et française
Face aux nouveaux records de canicule estivale ayant entraîné des pertes agricoles allant de 20 % à 100 % sur certaines cultures et créé de lourdes tensions sur les fourrages, la filière bio s’organise pour interpeller le monde politique en vue de l’élection présidentielle de 2027.
À travers un livre blanc rassemblant 14 propositions concrètes, La Maison de la Bio réclame des décisions structurelles urgentes.
Interrogée sur les priorités défendues auprès des candidats, Christelle Le Hir, co-présidente de La Maison de la Bio et présidente du directoire de La Vie Claire, détaille les combats clés.
« La première [mesure], c’est une réallocation des aides PAC en faveur de la bio. Parce qu’on considère aujourd’hui que la part des parcelles bio par rapport aux aides PAC qu’elles ont est un petit peu déséquilibrée. […] La deuxième, c’est sanctuariser les aires de captage de l’eau en bio : toutes les cultures autour des aires de captage seraient en bio. Ça ne coûte pas au gouvernement mais ça protège notre eau de demain. 1 euro consacré à l’agriculture biologique, c’est 10 euros d’économisés en dépollution des eaux. »
Aujourd’hui, l’agriculture biologique représente près de 10 % de la surface agricole utile (SAU) française. Mais elle ne capte que 3 % des aides de la PAC. La filière exige un réalignement strict à hauteur de 10 %.

Au-delà de l’effort financier et du renforcement des moyens alloués à l’Agence BIO (via le Fonds Avenir Bio), l’enjeu central demeure la résilience nationale :
« L’inquiétude, c’est qu’on soutienne suffisamment notre agriculture biologique française pour rester souverain. C’est ça le nerf de la guerre. […] Du bio mondial, on pourra en trouver. Mais c’est le bio français qui compte pour nous, et j’irais même encore plus loin : local quand c’est possible. » explique Christelle Le Hir.
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Les rendez-vous à ne pas manquer à Eurexpo
Placée sous le haut parrainage du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire, l’édition 2026 s’articule autour de plusieurs espaces d’échanges majeurs.
- Le Forum La Maison de la Bio : lieu central accueillant la conférence politique « Présidentielles 2027 : objectif BIO », la restitution détaillée de l’étude sur le panier bio. Ainsi qu’un éclairage du BASIC sur les mécanismes de formation des prix alimentaires.
- Le Hub Fruits & Légumes : piloté par Chloé Roberge (F&L Consult), axé sur la valorisation de ce rayon clé des enseignes.
- Les Speed-meetings RHD : organisés en partenariat avec Restau’Co et l’Agence BIO pour accélérer l’intégration de produits bio en restauration collective et commerciale (face à l’objectif de 20 % fixé par la loi EGAlim).
- Le Forum des Bio-Tendances (Bio Linéaires) : dédié aux grands enjeux d’avenir comme l’impact de l’intelligence artificielle, l’analyse de données clients et la place du modèle bio en Europe.
- Le Village des Distributeurs Spécialisés : sous l’égide du Synadis Bio, accueillant notamment l’espace des commerçants indépendants « Les Magasins du Coin ».
Informations pratiques – Natexpo 2026
- Dates : Lundi 28 et mardi 29 septembre 2026
- Lieu : Eurexpo Lyon
- Public : Salon réservé aux professionnels du secteur biologique et diététique
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