La Sécurité Sociale de l’Alimentation (SSA) est expérimentée à Lyon depuis un an. A travers la Caisse de l’Alimentation… Une innovation sociale qui a permis aux 26 structures partenaires d’accueillir des personnes jusque-là éloignées du vrac ou du bio.
Manger bio, local, de saison. Pour beaucoup de Lyonnais, c’est encore un horizon lointain, freiné par des fins de mois trop serrées. Dans le 8ème arrondissement, une expérimentation tente pourtant de changer la donne. La Caisse de l’alimentation, inspirée du modèle de la Sécurité Sociale de l’Alimentation, est née d’une idée simple et radicale à la fois. Que chacun cotise selon ses moyens, pour que chacun mange selon ses besoins.
Le principe est ainsi celui de la mutualisation. Chaque membre cotise à la caisse en fonction de son niveau de vie. A partir d’un euro symbolique, jusqu’à plusieurs centaines d’euros pour les foyers les plus aisés. En retour, un versement de 150 euros par personne est activé, utilisable dans un réseau de 26 lieux conventionnés. Des producteurs locaux présents sur les marchés du quartier, des épiceries solidaires, (comme Epi c’est Bon) et deux magasins Biocoop…
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Une dynamique collective, de redistribution et de solidarité…
Ce qui frappe dans ce modèle, c’est son refus du ciblage. « Ce sont des habitants du 8ème, de toute catégorie socioprofessionnelle », explique Mariella Eripret, chargée de mission à la Caisse de l’Alimentation. « C’est pour créer une dynamique collective, de redistribution et de solidarité. »
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Sur le terrain, les effets sont concrets. Fabien Toquet, gérant du Biocoop Mermoz, l’un des magasins partenaires, l’observe ainsi chaque jour. « La Caisse de l’Alimentation représente environ 10% de notre chiffre d’affaires, ce n’est vraiment pas négligeable. » De nouveaux visages ont ainsi poussé la porte du magasin, parfois peu familiers du bio ou du vrac. « Il a fallu les accueillir, expliquer les produits. Mais en deux ou trois semaines, tout était bon. » Une adaptation rapide, presque naturelle. Comme si finalement, le seul vrai obstacle avait toujours été.. le prix.
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La Sécurité Sociale de l’Alimentation en attente d’une volonté politique
Au-delà du quartier, c’est une ambition politique qui se dessine. Frédéric Faure, vice-président de Biocoop et président du Fonds de dotation, le formule sans détour. « Une innovation sociale ne peut pas être vue comme quelque chose de strictement économique. Ça doit être accompagné politiquement. La Sécurité Sociale en a eu besoin en 45, elle en a besoin aujourd’hui pour l’alimentation. » commente Frédéric Faure, au micro de Noham Mouret.

Une comparaison qui n’a rien d’anodin. Elle dit quelque chose sur l’époque, sur ce que manger sainement est en train de devenir. Non plus un choix de vie, mais une question de justice. L’expérimentation court ainsi jusqu’à fin 2026. Son avenir financier reste incertain. Mais l’idée, elle, a déjà traversé les frontières. La Belgique, Genève ont déjà adopté des modèles similaires. À Lyon, dans le 8ème, elle a surtout traversé des portes de cuisine. Et cela, ça ne s’efface pas.
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