« ça bloque on agit » : marche et vélo au cœur des attentes

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"ça bloque on agit" : marche et vélo au cœur des attentes
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Lancée au début de l’été par le nouvel exécutif de la Métropole de Lyon, la consultation « Ça bloque, on agit » s’est clôturée le 31 juillet avec plus de 3 600 contributions. Initialement perçue comme une tribune destinée à recenser les plaintes des automobilistes face aux récents aménagements écologistes, la démarche a révélé une toute autre réalité…

L’analyse approfondie menée par l’association La Ville à Vélo dresse un constat sans appel : la sécurisation du vélo et de la marche domine largement les préoccupations des Grands Lyonnais. C’est ce qui ressort de la consultation « Ça bloque, on agit »

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Les chiffres clés de la consultation « Ça bloque, on agit »

Alors que la plateforme laissait présager un afflux de doléances contre les bouchons automobiles, les résultats ont pris le contre-pied de ces attentes. D’après le bilan minutieux dressé par La Ville à Vélo, les mobilités actives écrasent littéralement les demandes liées à la voiture individuelle.

Sur les 3 637 contributions étudiées, on dénombre :

  • 1 600 demandes pour des améliorations concernant le vélo.
  • 1 100 demandes en faveur de la marche.
  • 1 000 demandes relatives à la voiture.
  • 200 demandes pour les transports en commun.
ça bloque on agit
Frédérique Bienvenue

Frédérique Bienvenue, coprésidente de La Ville à Vélo, souligne cette dynamique surprenante lors de son interview. Elle rappelle que la majorité des usagers aspirent avant tout à des infrastructures sécurisées pour tous.

« 1 600 personnes demandent des aménagements, des améliorations pour le vélo, pour la marche 1 100 personnes, et également 200 pour les transports en commun. Donc sur les 3 600 contributions au total, le vélo, la marche et les transports en commun sont vraiment des demandes qui sont majoritaires. »

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Une méthodologie pointée du doigt par La Ville à Vélo

Cependant, l’association ne se contente pas de comptabiliser les requêtes ; elle remet également en question le format même de cette initiative. Selon La Ville à Vélo, le formulaire mis en ligne par la Métropole de Lyon comportait des biais évidents dès sa conception.

En effet, le dispositif ne permettait de signaler que des problèmes « apparus à la suite d’un aménagement récent ». De plus, il était impossible d’exprimer un soutien explicite envers un aménagement jugé satisfaisant. Ou de signaler des problématiques urbaines plus anciennes, comme les trottoirs manquants ou trop étroits. Frédérique Bienvenue n’hésite pas à dénoncer ce cadrage orienté.

« La plateforme était vendue comme une plateforme qui allait résoudre les problèmes liés aux aménagements récents. C’était sous-entendu qu’il fallait démonter ce qui avait été fait par la précédente majorité. C’est un biais qui était clairement affiché, je crois que la métropole ne s’en cachait pas trop. »

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Détournement citoyen : l’exemple de l’avenue des Frères Lumière

Face à ces restrictions, de nombreux citoyens ont fait preuve d’une grande ingéniosité. Par conséquent, ils ont massivement détourné le formulaire de la consultation « Ça bloque, on agit ». Pour défendre ardemment les infrastructures qu’ils apprécient au quotidien…

L’exemple le plus frappant reste l’avenue des Frères Lumière, située dans le 8ème arrondissement de Lyon. Rue la plus signalée sur la plateforme avec pas moins de 81 contributions, elle illustre parfaitement ce phénomène. Les requêtes exigeant le maintien et la sécurisation du filtre modal y ont côtoyé, voire surpassé, les demandes de suppression.

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L’intelligence artificielle au service de l’analyse

Pour contourner l’opacité partielle des données brutes (certains champs cruciaux de la consultation ayant été masqués par la Métropole), La Ville à Vélo a dû innover techniquement. L’association a fait appel à l’intelligence artificielle pour traiter cette vaste masse d’informations de manière parfaitement objective.

« On a utilisé une IA pour analyser ça, parce qu’en fait on ne pouvait pas se contenter des items de pré-choix qui étaient proposés par la métropole. Il fallait vraiment aller lire les contributions pour savoir ce qui était demandé par les personnes. »

Ainsi, cette méthode rigoureuse a permis de mettre en lumière la réalité vécue sur le terrain. Les embouteillages automobiles ne constituent pas la priorité absolue des habitants. Comme le rappelle la coprésidente : « le problème des automobilistes n’est pas si prégnant que ça au sein de la métropole. Tout le monde est conscient que les bouchons font partie des grandes villes. »

En conclusion, la consultation « Ça bloque, on agit » restera comme un exercice démocratique riche en enseignements inattendus. Loin de valider un simple retour du tout-voiture, les habitants de la Métropole de Lyon ont réaffirmé avec force leur désir d’une ville plus cyclable et piétonne. Une carte interactive recensant l’intégralité de ces points d’analyse est d’ailleurs accessible sur le site officiel de La Ville à Vélo.

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