Au terme d’une soirée électorale riche en rebondissements, Lyon affiche un visage politique binaire. Si Grégory Doucet sauve son fauteuil de maire après un duel serré contre Jean-Michel Aulas, la Métropole de Lyon vire à droite. L’union de la gauche et de LFI n’avait pas aboutie à la Métropole entre les deux tours…
L’ambiance était électrique dimanche soir au QG de Grégory Doucet, situé à deux pas de la gare de la Part-Dieu. Dès 20h40, la nouvelle est tombée, déclenchant une explosion de joie parmi les militants : le maire sortant écologiste est réélu. Dans un discours galvanisé par la victoire, Grégory Doucet a salué le choix des Lyonnais pour une « trajectoire responsable, républicaine et généreuse ».
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Une victoire sur le fil pour Doucet
Pourtant, la soirée a été marquée par une érosion progressive de l’avance des écologistes. Si les premières estimations de l’Ifop les donnaient largement en tête, le score final s’est resserré autour de 50,7 %, soit seulement 2 900 voix d’écart avec, l’ancien président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas.
Cette courte défaite a laissé un goût amer à « JMA« . Ce dernier a immédiatement dénoncé des « irrégularités » lors du scrutin et a promis de déposer un recours. Fustigeant au passage « l’accord de la honte » entre les Écologistes et La France Insoumise (LFI). Pour Aulas, la gestion des six dernières années a été un « échec flagrant » en matière de sécurité et de bien-être. Les Lyonnais qui ont voté ne sont pas de cet avis..
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La Métropole bascule : l’échec de l’union à gauche
Si les écologistes font la fête à l’Hôtel de Ville, la soupe est à la grimace concernant la Métropole de Lyon. La droite a raflé 10 circonscriptions, ne laissant que 4 territoires à la gauche (dont Villeurbanne).
L’absence d’accord global avec LFI au premier tour semble avoir été fatale. Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) a d’ailleurs pointé du doigt la responsabilité d’Hélène Geoffroy et de Michèle Picard, coupables selon elle de n’avoir pas voulu « tendre la main » à la France Insoumise.
« Lorsqu’ils ne veulent pas fusionner avec nous, c’est eux qui payent la responsabilité de leurs actes : aujourd’hui, une métropole à droite. »
Hélène Geoffroy et Michèle Picard ont été battues aux municipales dans leurs communes respectives : Vaulx-en-Velin et Vénissieux.
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Vers une cohabitation complexe au terme de ces élections municipales
Le paysage lyonnais entre désormais dans une ère de cohabitation qui s’annonce musclée. Gautier Chapuis, élu lyonnais, s’inquiète déjà de la défense des grands projets écologistes (Rive Droite, Voies Lyonnaises, végétalisation) face à une nouvelle majorité métropolitaine de droite.
De son côté, la droite métropolitaine, forte de son succès dans des bastions historiques de gauche comme Rillieux-la-Pape ou Porte du Sud, entend bien peser de tout son poids, notamment sur les dossiers de transport et d’urbanisme.
Une chose est sûre : les six prochaines années ne seront pas de tout repos pour Grégory Doucet, qui devra naviguer entre une opposition municipale revancharde et une Métropole aux mains de ses adversaires politiques.
Pour les ténors de la droite, ce vote est un désaveu clair de la politique de mobilité et d’urbanisme menée depuis 2020.
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Jean-Michel Aulas : entre contestation et ambition métropolitaine
Battu à la mairie de Lyon, Jean-Michel Aulas ne compte pas pour autant quitter la scène politique. Il se projette déjà comme l’homme fort de la Métropole.
« Les Lyonnais ont choisi la sécurité et le pragmatisme au niveau du Grand Lyon. Nous allons remettre de l’ordre dans les finances et stopper les projets punitifs qui étranglent nos entreprises et nos commerçants » a-t-il déclaré devant ses partisans.
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Le dialogue entre la mairie de Lyon et la Métropole s’annonce frontal. Grégory Doucet a d’ores et déjà prévenu qu’il ne laisserait pas détricoter ses engagements phares. De son côté, la nouvelle majorité métropolitaine entend bien revoir les priorités budgétaires.
L’élu écologiste Gautier Chapuis a toutefois rappelé que Lyon représente un tiers des habitants de la Métropole. La ville de Lyon compte peser sur les décisions stratégiques grâce à son poids démographique (avec aussi Villeurbanne).
« Les projets comme la végétalisation de la Presqu’île (Rive Droite) ou les Voies Lyonnaises resteront au cœur des priorités municipales. Une paralysie institutionnelle serait préjudiciable à l’ensemble du territoire » analyse Gautier Chapuis.
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Un mandat d’équilibriste pour les écologistes
Pour Grégory Doucet, ce second mandat sera celui de la négociation permanente. Privé de son levier métropolitain, il devra composer avec une droite sans doute revancharde pour faire avancer ses dossiers. Pour Véronique Sarselli, le défi sera de transformer cette victoire électorale en une gouvernance stable, capable de fédérer des communes aux intérêts parfois divergents.
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Oui ça va être compliqué de gérer avec des partis opposés à la tête de la ville de lyon et celle de la métropole…
Mais c’est pas fini ! Voilà t’y pas que Aulas remet en cause les élections municipales! Mauvais perdant ce mec!😡
Geneviève, c’est son droit… Je crois pas qu’il y ait trop de chances à voir cette action aboutir