À quelques semaines du premier tour des élections municipales, l’ancien maire Jean-Paul Bret (2001-2020) bouscule la campagne villeurbannaise. En se présentant face à Cédric Van Styvendael, l’homme qui lui avait succédé avec son aval il y a six ans, transforme ce scrutin en un duel fratricide inédit à gauche.
Jean-Paul Bret n’a pas choisi la retraite paisible. Après avoir officialisé sa candidature fin 2025, l’ancien édile multiplie les sorties de terrain pour dénoncer ce qu’il appelle une « ville qu’il ne reconnaît plus ».
Longtemps, le passage de témoin entre Jean-Paul Bret et Cédric Van Styvendael a été cité comme un modèle de transition réussie. Mais le lien s’est brisé. En cause ? La stratégie d’alliance de CVS avec La France Insoumise (LFI) au sein de la NUPES puis du Nouveau Front Populaire, et une gestion municipale que Bret juge « déconnectée des réalités ».
Ecoutez aussi : T6 nord : la conception écoresponsable d’une ligne de tramway
Un trop-plein de chantiers…
« La situation financière qu’on avait laissée, qui était excellente, s’est beaucoup dégradée. Il y a eu un trop-plein de chantiers. Plusieurs lignes de tram construites en même temps. Des pistes cyclables très nombreuses… qui, pour certaines. auraient pu être un peu décalées. Le chauffage urbain en même temps. La ligne TB12 (bus à haut niveau de service) route de Genas. Côté Charpennes, la voie lyonnaise 4, est encore en chantier » détaille Jean-Paul Bret.
Ecoutez le podcast
À Villeurbanne comme à Lyon, mais aussi dans beaucoup de villes, l’une des thématiques de ces élections municipales, c’est aussi la sécurité. Avec le développement du narcotrafic dans certains quartiers comme GrandClément ou Le Tonkin par exemple.
Ecoutez aussi : Villeurbanne veut tenir les mineurs à l’écart du trafic de drogue
La sécurité pour tous les quartiers…
« Le Tonkin a été cité en exemple, avec une nouvelle brigade mise en place. Mais on ne peut pas simplement se satisfaire d’une amélioration dans ce quartier. Il y a d’autres quartiers où l’on a une dégradation. Il ne faut pas oublier les autres quartiers ».
Alors que de nombreux candidats promettent la gratuité des cantines ou du périscolaire, Jean-Paul Bret ne partage pas cette idée. « La course à la gratuité, ça ne me plaît pas du tout. On a des barèmes sociaux, on a des façons de s’adapter à des familles en situation de précarité. Mais rendre gratuites les choses, d’une certaine manière, c’est aussi les dévaloriser. On a une tarification symbolique, pour le restaurant scolaire. La plus basse est à 50 centimes d’euros. Vouloir la supprimer, ça relève un peu de la démagogie. D’autant plus que quand il y a des familles en difficultés, on a toujours des solutions au cas par cas. On exonére, c’est le CCAS qui prend en charge. Et pour les fournitures scolaires, nous proposons un cartable vert. Une réponse unifiée et avec des matériaux écoresponsables« .
Ecoutez aussi : Villeurbanne : la gauche et les écologistes dégainent le programme
C’est une bataille à trois qui va se jouer les 15 et 22 mars 2026, pour le leadership de la gauche villeurbannaise. Ces 3 candidats sont Cédric van Styvendael qui conduit la liste de la gauche et ses écologistes, Jean-Paul Bret qui conduit une liste sans-étiquette « sociale-démocrate » et Mathieu Garabedian, à la tête de la liste autonome LFI.
Ecoutez aussi : Villeurbanne : Garabedian (LFI) prone une Inspection du Logement
