Des petites chenilles poilues avançant en file indienne, l’image peut séduire. Mais ne vous y trompez pas : la chenille processionnaire du pin constitue un risque sanitaire de premier plan. Étienne Colas, responsable du patrimoine végétal à Villeurbanne, décrypte ce phénomène qui touche 10 % des arbres de la ville.
Depuis 2022, la chenille processionnaire est officiellement reconnu comme une espèce dont la prolifération est toxique pour l’homme. Le danger réside dans ses soies urticantes. Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas les longs poils visibles qui sont dangereux, mais de minuscules « miroirs » situés sur son dos, invisibles à l’œil nu.
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Pourquoi sont-elles classées « nuisibles » ?
Lorsqu’elle se sent menacée, la chenille processionnaire libère ces soies microscopiques qui flottent dans l’air. Munies de barbillons (sorte de petits crochets), elles se fixent sur la peau ou les muqueuses et libèrent une toxine.
Villeurbanne fait partie des villes les plus concernées par les chenilles processionnaires. Nous avons rencontré Etienne Colas, responsable du patrimoine végétal de la commune.
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Les symptômes à surveiller
L’exposition peut provoquer des réactions variées selon la zone touchée. Sur la peau, des démangeaisons intenses et éruptions cutanées. Dans les yeux, un risque de conjonctivite. Dans les voies respiratoires, une gêne pour respirer ou une toux.
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Attention à nos compagnons à quatre pattes
Les chiens sont les premières victimes de ce fléau en raison de leur mode d’exploration. En flairant ou en léchant une procession, le chien peut subir une nécrose de la langue ou de la truffe. Sans prise en charge immédiate, l’issue peut être fatale.
« Les enfants en bas âge sont aussi très exposés dans les parcs publics, car ils sont à hauteur du sol et peuvent être intrigués par ces files de chenilles », prévient Étienne Colas.
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La stratégie de la ville contre les chenilles processionnaires : « Limiter, pas éradiquer »
La mairie de Villeurbanne déploie plusieurs méthodes pour protéger les habitants tout en préservant la biodiversité. D’abord, en pratiquant l‘échenillage… En plein hiver (décembre/janvier), les nids sont coupés à l’aide dune nacelle puis incinérés.
Les écopièges sont aussi incontournables. Des sacs remplis de terre posés sur les troncs pour intercepter les chenilles processionnaires lors de leur descente au printemps…
La lutte biologique consiste à installer de nichoirs à mésanges. On peut aussi utiliser des phéromones pour perturber la reproduction des papillons.
Un dernier conseil : si vous croisez une procession, ne tentez jamais de la balayer ou de l’écraser, car les chenilles processionnaires libéreraient un nuage de soies urticantes dans l’air.
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