Hadronthérapie : Lyon fait avancer la recherche contre le cancer

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Anne-Sophie Wozny

Le Quart d'heure Lyonnais
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Hadronthérapie : Lyon fait avancer la recherche contre le cancer
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Face aux tumeurs qui résistent à la chimiothérapie et à la radiothérapie classique, la recherche française se mobilise. À Lyon, le projet PRISME, porté par la chercheuse Anne-Sophie Wozny et soutenu par la Fondation ARC, explore le potentiel de l’hadronthérapie.

L’hadronthérapie est une technologie de pointe, utilisant des faisceaux de particules lourdes : les hadrons. Elle pourrait transformer la prise en charge des patients dont les options de soins sont actuellement limitées.

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L’hadronthérapie : une précision chirurgicale

L’hadronthérapie se distingue de la radiothérapie conventionnelle (basée sur les photons) par l’utilisation de particules comme les protons ou les ions carbone. Anne-Sophie Wozny, maître de conférence et praticienne hospitalière, souligne les bénéfices majeurs de cette technique :

« Les ions carbone vont avoir des avantages extrêmement intéressants par rapport à la radiothérapie classique. Puisqu’ils vont avoir un effet balistique supérieur. C’est-à-dire qu’ils permettent de cibler de manière beaucoup plus précise des tumeurs. »

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Cette précision accrue permet de traiter des tumeurs profondes ou situées à proximité d’organes sensibles tout en minimisant les effets indésirables. De plus, elle offre une efficacité biologique supérieure en induisant des dommages irréparables au cœur des cellules cancéreuses.

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Le Projet PRISME : allier rayonnement et immunité

Le projet de recherche PRISME vise à comprendre comment « exploiter le système immunitaire pour potentialiser l’effet de la radiothérapie ». Actuellement en phase d’études précliniques sur des modèles cellulaires et murins, ces travaux se concentrent sur des pathologies spécifiques :

  • Les cancers de la tête et du cou (voies aérodigestives supérieures).
  • Les chondrosarcomes.
  • À l’international, comme au Japon, certains cancers de la prostate ou du pancréas bénéficient déjà de cette approche.

L’enjeu est de caractériser les mécanismes de résistance pour mieux exploiter les failles des cellules cancéreuses.

Anne-Sophie Wozny

Fondation ARC : un financement crucial pour la recherche

Le déploiement de telles innovations repose sur le soutien de structures comme la Fondation ARC. Dont le budget annuel avoisine les 50 millions d’euros. Benoît Duchier, directeur du développement des fonds, précise la mission de l’organisation :

« La Fondation ARC a pour vocation de financer la recherche. Pour ça, elle finance à la fois des jeunes chercheurs, des projets thématiques qui nous semblent prioritaires […] et tout ce qui est recherche libre. »

Il rappelle également que ce moteur de l‘innovation dépend entièrement de la solidarité nationale : « Les finances de la Fondation ARC proviennent exclusivement de la générosité du public ». Environ 35 millions d’euros sont ainsi alloués chaque année au financement de projets de recherche.

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Quel avenir pour l’hadronthérapie en France ?

Si l’hadronthérapie est déjà une réalité dans une vingtaine de centres mondiaux (principalement en Asie), l’offre en France est encore en construction. Jusqu’à présent, les patients français devaient parfois s’expatrier en Allemagne ou en Italie pour accéder à ces soins.

Une étape majeure sera franchie prochainement. En 2028, le centre d’hadronthérapie de Caen ouvrira ses portes. Cet établissement permettra enfin aux patients de bénéficier de ce traitement innovant sur le territoire national, concrétisant ainsi des années de recherche fondamentale et clinique.

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