Auren : la Wonder Woman de la pop lyonnaise dévoile « Réciproque »

Auren Réciproque

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Le Quart d'heure Lyonnais
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Auren : la Wonder Woman de la pop lyonnaise dévoile "Réciproque"
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Née sur les pentes de la Croix-Rousse, passée par le lycée Ampère et désormais installée au cœur des montagnes savoyardes, Auren marque son grand retour avec son quatrième album studio : Réciproque. Un disque puissant né d’épreuves intimes — le combat contre l’endométriose, les protocoles de PMA et le deuil de la maternité biologique — mais qui refuse catégoriquement l’abattement pour faire triompher le mouvement et la joie. À travers des confessions sans fard et des envolées pop organiques, l’artiste lyonnaise transforme l’adversité en force motrice.

Dès le visuel de la pochette, réalisé avec la photographe June Tamó-Collin, le ton est donné. Auren y adopte une posture fœtale altière, le regard fixé droit devant, parée aussi d’un costume aux allures de super-héroïne. « J’avais envie d’être une sorte de Wonder Woman. J’avais envie de mettre un costume qui me permettrait de déployer mes ailes. Tout en gardant ce côté chair, peau, presque à nu, et montrer qu’il y avait vraiment cette volonté de regarder devant. » indique Auren, en regardant la pochette de son nouvel album « Réciproque« 

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Après la sidération face à la maladie et l’impossibilité de donner la vie biologiquement, le temps a fait son œuvre. Pour Auren, la colère ne pouvait pas devenir une prison durable. « Je refusais d’être quelqu’un d’aigri, en colère, frustré. Je suis quelqu’un de joyeux, d’enthousiaste, qui aime ainsi profondément la vie. Voyant que cette maladie et ce deuil venaient me ronger, j’ai eu besoin de reprendre possession de moi. En écrivant, en composant, aussi en courant… »

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Apprivoiser le terme « nullipare » (ne pas avoir d’enfant) et réinventer la maternité

Dans l’album Réciproque, Auren aborde frontalement le lexique médical. A commencer par le terme clinique de « nullipare », désignant une femme n’ayant jamais accouché. Longtemps source de stigmatisation et de honte sous le poids des injonctions sociétales, le mot s’est métamorphosé au fil des lectures féministes — de Virginie Despentes à Mona Chollet — et après la découverte de la pièce de théâtre éponyme de Salomé Lelouch.

« Dans la pièce, elles disent : “Nullipare, ça ne veut pas dire de nulle part. Ça veut dire autre part, et surtout ça me fait penser à nénuphar.” Ça m’a fait un bien fou. J’ai remis du beau dans ce mot pas terrible qui figurait sur mes ordonnances. » Cette redéfinition du rôle féminin s’incarne aussi au quotidien. Belle-mère de deux jeunes filles qu’elle a vues grandir depuis l’âge de neuf ans, Auren revendique aujourd’hui la force de cette famille choisie. « Je n’aurai pas eu de bébé sorti de mon ventre, mais elles, je les ai. On fait famille, et c’est une famille choisie. » C’est ce qu’elle exprime aussi dans son album  » Réciproque « .

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De la course en montagne au piano de famille : un remède vital

Sur le plan musical, la composition a agi comme une véritable décharge cathartique pour Auren. Dans l’album  » Réciproque « , la chanson poignante « L’enfant » est ainsi née d’un déclic chez son ostéopathe. « Elle m’a regardée et m’a dit : “Aurélie, ce serait quand même bien que vous l’écriviez, cette chanson sur l’enfant que vous n’avez pas eu.” En rentrant chez moi, je suis allée directement au piano de ma grand-mère. Mes mains se sont posées et le morceau est ainsi sorti d’un coup. »

Ce souffle vital irrigue également « Record ». Un titre qui fait le pont entre le dépassement de la douleur physique et sa pratique intensive du trail. Le clip, tourné caméra à l’épaule et par drone en pleine course avec son compagnon, témoigne de cette résilience par l’effort.

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Une pop organique des années 70 résolument tournée vers la fête

Réalisé par Nicolas Dufournet, Réciproque fait la part belle aux instruments vivants et au piano acoustique, ligne directrice incontournable pour la chanteuse. Enregistré en conditions réelles avec des musiciens d’exception — Julien Noël au piano, Stéphane Bellity (alias Ricky Hollywood) à la batterie et Laurent Valero au violon —, le disque mêle les influences de Véronique Sanson ou Michel Berger aux synthétiseurs modulaires actuels.

L’album se clôt sur une prouesse lumineuse : « Le jeu« . Une fresque de neuf minutes née d’une improvisation totale en studio. « On voulait célébrer la joie, j’avais envie de danser. Les musiciens se sont lâchés, on ne les arrêtait plus ! De toute façon, je ne suis pas un format calibré pour les radios jeunes. Faisons une longue chanson ! »

En transformant le deuil en un hymne solaire à la renaissance, Auren signe avec Réciproque son disque le plus dense, libre et généreux.

Le site officiel d’Auren : ici

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