Un t-shirt à 3 euros. Une robe commandée en trois clics. La fast fashion s’est imposée dans nos garde-robes avec une facilité déconcertante. Mais derrière les prix plancher, une réalité que l’association The Greener Good s’emploie à rendre visible, notamment à travers sa soirée annuelle « En Mode Éthique ».
« La fast fashion, c’est produire en masse à bas coût. Et derrière, ce qu’il y a, c’est des impacts humains indéniables », résume Fleurianne Mahier, coordinatrice de projet chez The Greener Good. Quand un vêtement est vendu à ce prix, c’est le salaire de l’ouvrier qui absorbe la différence. Au Bangladesh, une ouvrière textile gagne 0,32 dollar de l’heure. Sur un t-shirt vendu 29 euros en Europe, elle touche 18 centimes.
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L’impact ne s’arrête pas aux conditions sociales. Il traverse l’ensemble du cycle de vie du vêtement. « Il faut imaginer tout le trajet d’un tissu. Depuis le moment où il est initié jusqu’à sa fin de vie et les déchets », explique Fleurianne Mahier. Culture du coton, extraction du pétrole pour les fibres synthétiques, teinture des tissus, transport, déchets : à chaque étape, une pollution. L’industrie textile représente aujourd’hui entre 4 et 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, davantage que l’aviation et le transport maritime réunis.
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La riposte à la fast fashion passe d’abord par la connaissance
« On s’insère dans tout ce qui est avant l’acte d’achat, pour que les personnes se posent les bonnes questions », dit la coordinatrice. Pas de morale, pas de culpabilisation. Juste l’information qui manque au moment de passer en caisse. Car la seconde main et la réparation restent des alternatives accessibles, y compris pour les petits budgets. Depuis 2024, un bonus réparation permet de faire remettre en état ses vêtements à moindre coût dans de nombreuses structures.
Reste la question Vinted. La plateforme a démocratisé la seconde main, mais elle a aussi recréé les réflexes de la surconsommation. « Il ne faut pas se dire : je surconsomme, mais c’est de la seconde main, donc ce n’est pas grave », prévient Fleurianne Mahier. Acheter moins, acheter mieux, acheter en conscience : c’est le triptyque que défend The Greener Good depuis 2016 à Lyon, à travers ses événements, ses ateliers et ses outils de sensibilisation. En particulier, lors des soirées « En Mode Ethique »…
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Acheter moins, acheter mieux, acheter en conscience
La loi française anti-fast fashion, entrée en vigueur en janvier 2025, a au moins eu le mérite d’amplifier le débat public. « On en parle beaucoup plus. Il y a ainsi beaucoup plus de prise de conscience« , reconnaît la coordinatrice. Sur le terrain lyonnais, cela se traduit par un écosystème qui s’étoffe : friperies engagées, créateurs qui upcyclent des chutes de tissu, ateliers de couture. Un contre-modèle qui existe, qui fonctionne, et qui n’attend que d’être découvert.
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