Urgence sociale : des professionnels dénoncent l’action du préfet

Des professionnels des structures d’urgence sociale du Rhône (lieux d’accueil, hébergements, équipes de rue, dispositifs de soin…qui oeuvrent pour les sans abri) montent au créneau contre certaines mesures prises récemment par le préfet.

Ils viennent d’adresser une lettre au Préfet de Région, estimant que ce dernier, pour gérer le manque de places d’hébergement sur le département, avait décidé “d’en limiter l’accès et d’organiser des remises à la rue régulières”.

Les professionnels de l’urgence sociale dénoncent un certain nombre de dispositions, “uniques en France, tant par leur infamie que leur illégalité”.

“Nous refusons aujourd’hui d’être les complices d’un système hors la loi. Nous ne pourrons pas remettre à la rue un enfant de 366 jours. Nous n’accepterons pas que Lyon devienne le territoire d’une expérimentation ignoble et inhumaine”.

Dans cette lettre ouverte, les acteurs de l’urgence entendent rappeler au préfet “ses obligations légales et lui demander le retrait immédiat des dispositions annoncées”.

Les professionnels de l’urgence sociale rappellent que “les accueils de jour sont saturés, que 1500 personnes contactent le 115 sans obtenir de solution, que les personnes à la rue expriment leur angoisse à l’amorce de l’hiver”.

Les membres du Collectif « hébergement en danger » affirment ne plus parvenir à faire face, sur le terrain, par manque de moyens. Ils se disent prêts à s’engager dans d’autres formes de mobilisations et d’actions. “Il en va de la dignité humaine et des piliers d’un Etat de droit”.

Dans son courrier au préfet, le collectif rappelle que « toute personne en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès à tout moment au dispositif d’hébergement d’urgence » (article L.245-2-2 du Code de l’action sociale et des familles).

Mais que dans le Rhône, à partir du 1er Novembre, “il faudra être un enfant de moins d’un an, une femme enceinte de plus de 6 mois ou prouver que l’on est atteint d’une maladie grave pour accéder à l’hébergement de manière inconditionnelle”. Ce qui est inacceptable pour le collectif.

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