Les femmes de sciences donnent leurs noms aux bâtiments du campus de l’INSA Lyon à Villeurbanne

INSA LYON

Ma fille, tu seras informaticienne, mécanicienne ou même ingénieure si tu le souhaites ! À l’heure où l’Académie Française adopte un rapport sur la féminisation des noms de métiers de la langue française, l’INSA Lyon, déjà bien engagé sur la notion de problématiques de genre, souhaite rebaptiser la moitié des bâtiments de son campus avec des noms de femmes scientifiques aux parcours d’excellence.

“Une opération collaborative qui prend racine dans les fondements de son modèle et qui vise à faire entrer dans les mœurs, le droit d’existence des femmes dans la sphère scientifique et technique” explique l’école d’ingénieurs. 

C’est une opération « coup de poing » menée par l’Institut Gaston Berger (IGB) en mars 2017 qui a donné naissance à cette démarche de renommage.

Durant la nuit du 7 au 8 mars 2017, dix-sept bâtiments avaient vu fleurir leur façade de pancartes portant des noms de femmes scientifiques, avec pour objectif de faire émerger une prise de conscience de la communauté INSA sur l’égalité des genres.

Le directeur de l’établissement, Éric Maurincomme s’était alors engagé à rebaptiser la moitié des bâtiments du campus au féminin.

La démarche s’est organisée de façon collective puisque chaque département de formation a proposé des noms de personnalités scientifiques féminines en vue d’une consultation des étudiants et du personnel.

Le renommage progressif des bâtiments s’étalera ensuite jusqu’en septembre 2021.

Une action qui ne se veut pas de pure communication…”L’INSA est une structure d’enseignement public dont le modèle, défini par le philosophe et haut-fonctionnaire français Gaston Berger, défend l’ouverture des études d’ingénieur et de docteur à toutes et tous” rappelle l’école située à Villeurbanne.

“En tant qu’établissement public, l’INSA porte les valeurs de la République Française et se doit d’offrir la garantie d’un environnement de travail sain, bienveillant et respectueux de la dignité humaine”

L’égalité femmes-hommes est une question dont s’est emparée Florence Françon, chargée de mission en études de genre et promotion de l’égalité à l’IGB.

« Renommer la moitié des bâtiments de notre campus est un acte symbolique qui a toute son importance dans un établissement engagé depuis sa création dans le respect des individualités. Cela nous donne l’occasion de parler des problématiques de genre tout en valorisant le travail de ces femmes scientifiques trop souvent oubliées ou même cachées. En renommant nos bâtiments, nous revendiquons leur droit d’exister dans le paysage scientifique. » rappelle Florence Françon.

Structure unique dans l’enseignement supérieur et intégrée à l’INSA, l’Institut Gaston Berger accompagne l’école dans son développement au moyen d’activités de veille et d’action sur des thématiques de société.

La démarche est transversale comme l’explique Florence Françon : « Pointer du doigt des stéréotypes, ça n’est pas les soigner. Loin de prôner un discours moralisateur, notre mission est de sensibiliser, d’accompagner et de former les acteurs de notre environnement. La question de la représentativité des sexes dans les domaines professionnel et scientifique est une des thématiques centrales de l’IGB. »

Ateliers, séminaires, cycles d’évènements… Les actions sont à destination des lycéens, des élèves-ingénieurs et des entreprises.

Un cours à la carte sur le genre, porté par le Centre des Humanités, a également vu le jour l’an passé : comment repérer, analyser et déconstruire les stéréotypes de genre et leurs effets ? Comment mobiliser l’approche intégrée de l’égalité dans les entreprises et les pratiques des ingénieurs ?

Le cours « Le genre en jeu » propose d’ouvrir les yeux sur des réalités que l’on devine mais qui manquent de vision globale. Il propose aux étudiants de se positionner en acteur et actrice pour agir face à des problématiques fortement ancrées dans la société.

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