Platanes: le chancre coloré est de retour à Lyon

quai Sarrail

29 platanes vont être abattus quai Sarrail en raison d’un foyer de chancre coloré…L’abattage commencera le 18 mars et s’achèvera à la fin du mois.

Cette maladie originaire d’Amérique du Nord est arrivée en Europe à la fin de la seconde guerre mondiale au moment du débarquement de soldats américains en Italie et en France.

Depuis cette époque, la maladie se développe dans le sud de l’Europe, particulièrement dans le sud de la France, un secteur particulièrement touché par l’épidémie.

À Lyon la maladie a été détectée pour la premières fois en 1994 simultanément au Parc de la Tête d’Or et sur plusieurs alignements à Lyon – quai des Célestins, quai Achille Lignon, rue Gabillot, rue Salengro, quai Claude Bernard.

Après des campagnes d’abattages importantes, l’épidémie semblait s’être un peu calmée sur le Grand Lyon, mais depuis deux ans, on assiste à une recrudescence avec la découverte de nouveaux foyers à Lyon, Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Décines.

Des foyers ont été détectés place Ambroise Courtois et Avenue Viviani, boulevard Laurent Bonnevay et avenue Einstein à Villeurbanne et, plus
récemment, quai Sarrail.

Le chancre coloré est combattu au niveau européen. En France, un arrêté ministériel rend obligatoire la lutte contre cette maladie du platane.

Les arbres malades doivent être abattus dans les deux mois qui suivent la découverte de la contamination. Quant aux autres platanes, même apparemment sains, situés dans un rayon de 35 m minimum, ils doivent également être abattus.

L’ensemble du bois est brûlé pour détruire le champignon microscopique responsable de la maladie.

En effet, les arbres en forêt mais aussi dans les alignements sont reliés entre eux par des soudures entre leurs racines et le champignon profite de ce lien pour se propager d’individu en individu le long des lignes d’arbres.

Les autres arbres qui semblent apparemment sains sont donc souvent déjà porteurs de la maladie même s’ils n’ont pas encore développé les symptomes.

L’éradication des foyers nécessite donc des précautions importantes pour éviter de disséminer davantage la maladie (évacuation et contrôle des déchets vers le site d’incinération, désinfection de tous les outils et des engins intervenants sur le chantier…).

Au total 29 platanes vont devoir être abattus sur le quai Sarrail pour l’éradication du foyer de contamination. La replantation sera réalisée au plus vite mais nécessite néanmoins un temps de réflexion et d’étude.

En effet, l’arrêté ministériel interdit toute replantation de platanes sur les sites contaminés. Or le platane était l’espèce emblématique des quais du Rhône, mais aussi de l’image de Lyon, et le choix d’une ou de plusieurs essences de remplacement nécessite donc une analyse globale des impacts en matière de paysages et d’évolution des ambiances des quais du Rhône.

D’autres arbres vont être abattus sur le cours d’Herbouville (juste en face), mais là pour une autre raison: l’axe est actuellement en cours de requalification dans le cadre d’un grand projet d’aménagement.

Certains platanes implantés depuis de très nombreuses années en bordure du cours, côté Rhône sont en mauvais état sanitaire et doivent être abattus.

Cette opération, qui a débuté le 11 mars, conduira à supprimer 27 platanes.

Il a par ailleurs été décidé de couper un arbre sur deux côté façades afin d’offrir plus d’espace aux arbres restants pour leur permettre un meilleur
développement.

Dans les années 60, la création de la voie sur berge a conduit à amputer une partie du système racinaire des arbres situés le long du mur.

A la même époque, l’invention de la tronçonneuse a conduit à des pratiques de tailles radicales (heureusement proscrites aujourd’hui) qui ont également mutilé et affaibli ces arbres.

Les blessures ont conduit au développement de champignons et d’insectes qui ont dégradé le bois à l’intérieur de ces arbres, rendant certains d’entre eux fragiles mécaniquement.

D’ailleurs plus de 40 % des arbres de cette portion du cours avait dû être abattus au cours des 20 dernières années à causes de cette fragilité mécanique.

Le projet de création d’une voie verte sur le quai s’accompagne de la conservation des platanes les plus sains sur l’alignement ouest, de la replantation de nouveaux arbres en complément sur cette ligne, et du renouvellement complet de la ligne située du côté du Rhône.

L’essence retenue pour ce renouvellement est le chêne chevelu, déjà replanté en amont sur le cours Aristide Briand à Caluire il y a quelques années.

Ce chêne est un arbre majestueux et à longue durée de vie, particulièrement résistant à la sécheresse et aux fortes chaleurs donc potentiellement adapté aux changements climatiques.

Une partie des platanes conservés permettront de garder de l’ombre et des
grands arbres les premières années, tout en laissant la possibilité à la nouvelle génération de chênes de s’installer.

Quand ces platanes finiront par dépérir à leur tour, ils seront progressivement remplacés par de nouveaux chênes qui viendront compléter les alignements.

Au XIXe siècle en effet, on plantait de façon très serrée, tous les 7 m sur les alignements, afin d’avoir tout de suite une forte présence végétale, mais il était prévu de couper ensuite un arbre sur deux pour permettre aux sujets conservés de bien s’épanouir.

Malheureusement ces abattages d’éclaircie n’ont jamais été réalisés, créant souvent une compétition difficile entre les arbres et un excès d’ombrage pour le voisinage.

Les tailles sévères ont ainsi été tentées, mais de manière inadaptée pour la pérennité des plantations.

Aujourd’hui l’idée est donc de replanter les arbres de manière plus espacée, pour faciliter leur épanouissement, selon une disposition en quinconce entre les lignes afin d’obtenir le meilleur ombrage possible tout en limitant les gênes pour les riverains.

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