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Jean-Marie Muller : une vie consacrée à la non-violence

Jean-Marie Muller est décédé à Orléans à 82 ans, des suites d’une longue maladie. Cet écrivain, militant et philosophe, a consacré sa vie à la non-violence.

Jean-Marie Muller est né à Vesoul en 1939. Dès 1967, il se fait connaître en renvoyant son livret militaire au ministère des Armées qui lui refuse le statut d’objecteur de conscience.

Traduit en justice à Orléans avec deux autres officiers de réserve également renvoyeurs de leur livret militaire, Jean-Marie Muller écope en 1969 de 3 mois de prison avec sursis. Ce procès a un écho retentissant dans la presse nationale. Il quitte l’enseignement pour se consacrer entièrement à la non-violence, dans le sillage de Gandhi et de Martin Luther King.

En 1973, Jean-Marie Muller participe au « Bataillon de la Paix » pour protester contre les essais nucléaires français dans le Pacifique, avec le général Jacques de Bollardière, le prêtre Jean Toulat et l’écologiste Brice Lalonde.

En 1974, il est la cheville ouvrière de la création du Mouvement pour une Alternative Non-violente avec Jacques de Bollardière et d’autres amis. Il sera porte-parole du MAN pendant de nombreuses années.

En 1984, il s’investit dans la création de l’Institut de Recherche sur la Résolution Non-violente des Conflits où il sera directeur des études.

Avec d’autres chercheurs en non-violence, il participe en 1985 et pendant plusieurs années à un groupe d’étude sur la Défense civile non-violente dans le cadre du ministère de la Défense. Il enseignera dans le même temps à Sciences Po Lyon.

À la fois écrivain et militant, passionné par la philosophie de la non-violence, Jean-Marie Muller a enchainé, depuis les années 1970 et jusqu’à un passé récent, d’innombrables interventions (conférences, émissions radio et audiovisuelles) en France, mais aussi en Europe, sur le continent américain et dans le monde arabe où plusieurs de ses ouvrages sont traduits.

Quand la Pologne cherche à se libérer du communisme sous l’impulsion du syndicat Solidarnosc initié par Lech Walesa en1980, le livre de Jean-Marie Muller, Stratégie de l’action non-violente, est traduit en polonais sans que l’auteur le sache, puis imprimé dans la clandestinité à plus de 15 000 exemplaires.

C’est cet ouvrage qui a convaincu les militants de Solidarnosc d’employer les méthodes de l’action non-violente qui ont fini par entraîner la chute du régime communiste polonais en 1988.

En 2013, Jean-Marie Muller reçoit le Prix international de la fondation indienne Jamnalal Bajaj pour la promotion des valeurs gandhiennes.

Jean-Marie Muller a écrit 36 livres sur la non-violence, dont plusieurs ont été traduits à l’étranger, dans de nombreux journaux (Le Monde, Libération, La Croix, etc.) comme dans plusieurs revues, dont Alternatives Non-Violentes, dès le n°1 publié en 1973 et régulièrement jusqu’à 2018.

Son dernier article dans cette revue critique la doctrine de la guerre juste qui légitime la dissuasion nucléaire française.

Le désarmement nucléaire a été dans la vie de Jean-Marie Muller une préoccupation majeure, sans qu’il puisse voir de son vivant l’abandon par la France de la dissuasion nucléaire qu’il jugeait à la fois « immorale, inefficace et dangereuse ».

Le blog de Jean-Marie Muller

Le site du MAN

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Jean-Marie Muller
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